Les distributeurs nigérians rejettent le plafonnement du prix de l'essence à 1 350 nairas
Les pétroliers nigérians refusent le plafonnement du prix de l'essence à 1 350 nairas voulu par le gouvernement fédéral et exigent que les forces du marché fixent librement les tarifs à la pompe.

Le bras de fer est ouvert entre Abuja et les distributeurs de carburant. Les pétroliers nigérians ont rejeté le projet du gouvernement fédéral de plafonner le prix de l'essence à 1 350 nairas le litre, selon Punch. Ils exigent que les forces du marché déterminent seules les tarifs à la pompe. En clair, ils refusent de vendre à perte dans un pays où le prix du brut, le coût du transport et le taux de change pèsent lourd sur chaque litre livré. La dérégulation engagée depuis 2023 avait déjà fait bondir les prix de plus de 200 % en deux ans.
Le nœud du problème reste le naira. Depuis la libéralisation du taux de change en juin 2023, la monnaie a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar. Or le pétrole s'achète en devises, se raffine en devises et se transporte en devises. Plafonner le prix de vente en nairas revient à geler une équation qui bouge tous les jours. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du naira se répercute directement sur le pouvoir d'achat des ménages qui envoient ou reçoivent de l'argent.
Le gouvernement de Bola Tinubu marche sur une corde raide. D'un côté, il veut protéger les Nigérians de l'inflation galopante — plus de 30 % en glissement annuel. De l'autre, il a besoin d'investissements privés dans le raffinage et la distribution. Les marketers, eux, rappellent que la raffinerie Dangote, qui produit désormais du carburant localement, a besoin de marges stables pour tourner. Un plafond artificiel risquerait de provoquer des pénuries, comme en 2022, quand les files d'attente s'étiraient sur des kilomètres à Lagos et Abuja.
La sortie de crise passe probablement par une négociation sur les marges plutôt que par un décret. Les distributeurs veulent un cadre fiscal clair et un accès fluide aux devises. Le gouvernement, lui, cherche à éviter une explosion sociale. Entre les deux, le prix à la pompe reste une bombe à retardement politique. Chaque hausse se transforme en colère dans les transports, dans les marchés, dans les rues. Et chaque blocage se paie en croissance perdue pour la première économie d'Afrique de l'Ouest.
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