Nigeria : l'objectif de 1 000 milliards de dollars dépendra de l'exécution, prévient Adesugba
Le premier vice-président de la Chambre de commerce d'Abuja estime que les annonces de réformes ne suffiront pas à hisser le Nigeria au rang de économie de 1 000 milliards de dollars d'ici 2030. Il appelle à l'investissement et à la productivité.

Le Nigeria veut peser 1 000 milliards de dollars de PIB d'ici 2030. Sur le papier, l'ambition tient debout : une population de plus de 220 millions d'habitants, des réserves de change en reconstruction et une série de réformes lancées depuis 2023. Mais pour Adesoji Adesugba, premier vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Abuja, le compte n'y est pas encore. Il l'a dit sans détour cette semaine : ce ne sont pas les annonces qui feront la différence, mais la capacité réelle à exécuter les réformes, à attirer des capitaux et à faire grimper la productivité. Un rappel utile à ceux qui confondent communication gouvernementale et transformation économique.
Le diagnostic n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier à mesure que l'échéance de 2030 approche. Le Nigeria a multiplié les plans et les discours, mais les indicateurs d'investissement restent fragiles. La production pétrolière, moteur historique de l'économie, plafonne autour de 1,5 million de barils par jour, loin des capacités affichées. L'inflation, bien qu'en repli, continue de ronger le pouvoir d'achat. Et le secteur privé, censé porter la croissance, se heurte toujours à des coûts de financement élevés et à une logistique coûteuse. Adesugba pointe un écart persistant entre les intentions et les résultats sur le terrain.
Pour les opérateurs, la question n'est pas de savoir combien de milliards seront annoncés, mais combien d'entreprises pourront réellement produire, exporter et embaucher. Chaque point de productivité gagné dans l'agroalimentaire ou les services pèse davantage qu'un nouveau comité interministériel. La trajectoire vers 1 000 milliards de dollars suppose aussi une stabilité monétaire qui permette aux investisseurs de planifier. Sur ce terrain, les plateformes de transfert comme SendXOF suivent de près les variations du naira, car elles conditionnent le coût des échanges pour les commerçants et la diaspora.
L'avertissement d'Adesugba tombe à un moment charnière. Le gouvernement nigérian a fait de la croissance le cœur de son programme, mais les résultats dépendront de décisions concrètes : libéralisation du secteur électrique, sécurisation des corridors agricoles, simplification fiscale. Sans quoi l'objectif des 1 000 milliards restera une annonce de plus. Les milieux d'affaires attendent désormais des actes, pas des promesses.
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