Nigeria et France renforcent leur coopération dans le pétrole et le gaz
Les deux pays ont réuni des acteurs du secteur pour appeler à davantage d'investissements dans le pétrole et le gaz nigérian, alors qu'Abuja cherche à relancer une production en berne.

Nigeria et France ont décidé de resserrer les rangs dans le pétrole et le gaz. Des responsables des deux pays et des opérateurs privés se sont réunis cette semaine pour appeler à plus d'investissements dans le secteur énergétique nigérian. L'objectif affiché : débloquer le potentiel d'un pays qui reste le premier producteur de brut d'Afrique de l'Ouest, mais dont la production pâtit depuis des années du sous-investissement, des sabotages et d'une fiscalité jugée instable par les compagnies. Paris, de son côté, cherche à sécuriser ses approvisionnements et à placer ses entreprises sur un marché où TotalEnergies est déjà bien implanté, notamment dans le gaz naturel liquéfié.
Le Nigeria produit aujourd'hui autour de 1,3 à 1,5 million de barils par jour, loin de sa capacité théorique de 2,2 millions. Les fuites sur les oléoducs et le vol de brut dans le delta du Niger ont longtemps plombé les volumes, et les majors hésitent à engager de nouveaux capitaux dans un cadre réglementaire mouvant. La réunion avec la partie française vise justement à rassurer les investisseurs sur la stabilité des contrats et la protection des infrastructures. Pour les opérateurs, l'enjeu est aussi gazier : le Nigeria veut développer son marché intérieur et ses exportations de GNL, alors que l'Europe cherche à diversifier ses sources depuis la rupture avec Moscou.
Sur le terrain, les besoins de financement restent considérables. Abuja estime qu'il faudra plusieurs dizaines de milliards de dollars pour moderniser les installations et atteindre les objectifs de production. Les banques françaises et les fonds d'investissement hexagonaux pourraient jouer un rôle, mais ils exigent des garanties. La coopération annoncée reste pour l'instant un cadre de dialogue : aucun montant ni calendrier précis n'a été rendu public. Les prochaines semaines diront si les déclarations d'intention se traduisent par des contrats signés.
Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse le seul secteur pétrolier. Les recettes pétrolières représentent encore l'essentiel des devises du pays et conditionnent la stabilité du naira. Une production qui repart à la hausse changerait la donne budgétaire et monétaire. Mais les investisseurs étrangers, français compris, restent prudents : ils attendent des actes, pas des communiqués. La balle est désormais dans le camp d'Abuja, qui doit prouver qu'il peut sécuriser ses installations et honorer ses engagements contractuels.
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