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Nigeria : 350 millions de dollars d'exportations minières sans transformation locale

Les exportations nigérianes de minerais solides ont atteint 350 millions de dollars, mais les experts dénoncent une filière qui exporte brut sans valeur ajoutée ni chaîne d'approvisionnement structurée.

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Rédaction SendXOF

Publié le 14 octobre 2026

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Nigeria : 350 millions de dollars d'exportations minières sans transformation locale

Le Nigeria a exporté pour 350 millions de dollars de minerais solides, selon les chiffres relayés par la presse économique nigériane. Le montant paraît flatteur jusqu'à ce qu'on regarde ce qu'il contient : des pierres précieuses, du lithium, de l'étain, du coltan, partis pour l'essentiel à l'état brut vers des acheteurs étrangers. Le pays encaisse le prix de la matière première, pas celui du produit fini. Un rubis taillé à Jaipur ou à Anvers vaut dix fois ce qu'il valait au sortir de la mine de Nasarawa ou de Kaduna. C'est là que se joue la vraie perte.

Les experts nigérians réclament une bourse des pierres précieuses, sur le modèle de ce qui existe à Bangkok ou à Antwerp. L'idée n'est pas neuve, mais elle revient avec insistance : sans lieu de cotation transparent, les mineurs artisanaux vendent à des intermédiaires qui fixent les prix à leur avantage. Un tailleur de Jos ou un négociant d'Ibadan n'a aucun repère de marché. Il vend ce qu'on lui propose, souvent en dessous de la valeur réelle. La bourse réglerait une partie du problème en rendant les prix publics et comparables.

Le deuxième chantier, c'est la transformation locale. Tailler, fondre, raffiner sur place crée des emplois et capture la marge. Le Nigeria a le minerai, mais pas les usines ni les compétences en nombre suffisant. Les écoles de gemmologie restent rares, les équipements de taille coûtent cher, et l'électricité nécessaire aux fours de fusion n'est pas garantie dans les zones minières. Former des tailleurs prend des années. Sans cette main-d'œuvre, même avec une bourse, le pays continuerait d'exporter des cailloux.

La filière minière nigériane représente encore une fraction des revenus pétroliers, mais son poids grandit à mesure que le brut décline et que la demande mondiale de lithium et de terres rares explose. Le gouvernement veut porter le secteur à 10 % du PIB d'ici 2030. L'objectif est atteignable, à condition de régler la question de la valeur ajoutée. Exporter brut rapporte vite et peu. Transformer sur place rapporte lentement et beaucoup. Le choix entre les deux détermine ce que le Nigeria tirera réellement de son sous-sol.

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