34 États nigérians dépensent moins d'un quart de leurs recettes fédérales
Sur 35,22 billions de nairas reçus au premier semestre 2026, les États n'ont dépensé que 8,60 billions, soit 24,4 %. Les infrastructures et les services publics en pâtissent.

Les comptes du premier semestre 2026 sont sans ambiguïté. Trente-quatre États nigérians ont encaissé 35,22 billions de nairas au titre des allocations de la FAAC, le pot commun des recettes pétrolières et fiscales redistribuées par Abuja. Ils n'en ont dépensé que 8,60 billions, soit 24,4 %. Autrement dit, trois nairas sur quatre sont restés en caisse pendant que les routes se dégradent et que les hôpitaux manquent de personnel.
Le contraste avec les années précédentes est frappant. La fin de la subvention sur l'essence a gonflé les transferts fédéraux, et beaucoup d'États ont vu leurs recettes bondir de 30 à 40 % en un an. Cette manne aurait dû financer des écoles, des dispensaires, des routes rurales. Dans les faits, elle a surtout servi à rembourser des dettes antérieures et à constituer des réserves. Certains gouverneurs expliquent qu'ils se préparent à une baisse des recettes pétrolières. D'autres accumulent sans stratégie claire, au point que l'Assemblée nationale a demandé des comptes en juin.
Pour les habitants, l'écart entre les chiffres et le quotidien est difficile à avaler. À Kano, les routes du quartier de Sabon Gari attendent toujours un revêtement promis en 2024. À Bayelsa, les centres de santé primaire fonctionnent avec des groupes électrogènes faute de raccordement au réseau. Les États producteurs de pétrole, qui perçoivent des redevances supplémentaires, affichent pourtant des taux d'exécution parmi les plus faibles. Le lien entre recettes publiques et bien-être collectif reste ténu.
La question qui monte à Abuja n'est plus de savoir si les États ont de l'argent, mais ce qu'ils en font. La FAAC a versé en moyenne 2,5 milliards de nairas par État et par mois. Une telle somme, correctement dépensée, changerait la donne dans des juridictions où 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Sans obligation de publier des budgets d'investissement détaillés, les gouverneurs gardent la main. Le débat sur la transparence budgétaire des États ne fait que commencer.
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