Ne pas confondre activité et progrès : le piège des économies africaines
Une chronique du quotidien nigérian BusinessDay met en garde contre la confusion entre frénésie économique et développement réel. L'auteur pointe le risque de mesures spectaculaires sans impact durable.

Le quotidien économique nigérian BusinessDay a publié une chronique qui fait réfléchir. Son titre : « Ne confondez pas activité et progrès ». Derrière cette formule, l'auteur dénonce une tendance lourde chez certains décideurs africains : multiplier les annonces, les réunions, les lancements de projets, sans jamais vérifier si ces gestes changent concrètement la vie des populations. Un calendrier chargé passe pour de la compétence. Un groupe WhatsApp actif à minuit donne l'illusion d'une équipe engagée. Mais rien ne remplace des résultats mesurables.
La chronique vise en particulier les politiques économiques qui se contentent d'effets d'annonce. Au Nigeria, pays qui sert de toile de fond à l'article, les exemples ne manquent pas. Des sommets sur l'investissement aux promesses de réformes structurelles, l'écart entre les discours et les réalisations reste béant. L'auteur rappelle que le progrès se juge à l'aune d'indicateurs simples : création d'emplois durables, baisse du coût de la vie, amélioration des services publics. Pour la diaspora ouest-africaine, cette distinction est cruciale, car elle conditionne la confiance dans les institutions économiques locales et, in fine, le coût des transferts de fonds vers la région.
L'article met aussi en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation. Dans la course aux financements internationaux, certains gouvernements multiplient les gestes symboliques — signature de mémorandums, lancement de comités — sans jamais aboutir à des projets opérationnels. Résultat : des fonds annoncés qui ne se matérialisent pas, des infrastructures qui restent à l'état de maquettes. La croissance économique, elle, se lit dans les données trimestrielles, pas dans les communiqués triomphants.
Au fond, cette chronique rappelle une évidence trop souvent oubliée : en économie, l'intention ne compte pas. Seuls les faits comptent. Pour les observateurs de la scène ouest-africaine, le message est clair — il faut exiger des gouvernements des bilans chiffrés, des échéances tenues, des projets livrés. C'est à ce prix que la confiance reviendra, et avec elle, une croissance qui profite réellement aux citoyens.
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