Moody's : El Niño menace d'aggraver la dette du Mozambique et de la Zambie
L'agence de notation avertit que le phénomène climatique pourrait creuser les déficits budgétaires de deux pays déjà surendettés, confrontés à des besoins de financement urgents.

Moody's a publié une note cette semaine qui sonne comme un avertissement pour deux économies déjà fragiles. El Niño, ce phénomène climatique qui perturbe les pluies et les récoltes, pourrait accentuer la pression sur les finances publiques du Mozambique et de la Zambie. Les deux pays figurent parmi les marchés émergents les plus endettés de la planète. Pour Moody's, la sécheresse ou les inondations liées à El Niño réduisent les recettes agricoles, augmentent les importations alimentaires et poussent les gouvernements à dépenser plus pour l'aide d'urgence. Autant de facteurs qui creusent les déficits et compliquent le remboursement de la dette.
Le Mozambique sort tout juste d'une restructuration de sa dette externe, achevée en 2019. La Zambie, elle, a fait défaut sur sa dette en 2020 et négocie encore avec ses créanciers. Dans les deux cas, un choc climatique majeur pourrait faire dérailler les efforts de redressement. Moody's souligne que les marges de manœuvre budgétaires sont quasi inexistantes. Les recettes fiscales dépendent largement de l'agriculture, secteur que El Niño menace directement. Une saison agricole ratée, et c'est tout l'équilibre budgétaire qui vacille.
Les investisseurs obligataires suivent ces signaux de près. Sur les marchés, les taux d'emprunt du Mozambique et de la Zambie restent élevés, signe que le risque pays n'a pas disparu. La note de Moody's ne fait que rappeler une réalité que les opérateurs connaissent : ces économies restent vulnérables aux chocs externes, qu'ils soient climatiques ou monétaires. Pour les populations, l'enjeu est immédiat : une mauvaise récolte, c'est moins de revenus, plus d'inflation alimentaire et un État qui doit arbitrer entre rembourser sa dette et soutenir les plus fragiles.
La Zambie et le Mozambique ne sont pas les seuls concernés. Moody's évoque plus largement les pays à faible revenu exposés à El Niño. Mais ce sont eux qui cumulent les vulnérabilités : dette élevée, économie peu diversifiée, filet social limité. L'agence ne prédit pas de défaut imminent. Elle pointe une pression supplémentaire dans un contexte déjà tendu. La prochaine saison des pluies, attendue fin 2024, sera déterminante. Les gouvernements n'ont pas de marge. Les créanciers non plus.
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