Les réserves de change du Nigeria franchissent la barre des 54 milliards de dollars
Les réserves de change du Nigeria dépassent 54 milliards de dollars, renforçant la position extérieure du pays et donnant à la CBN des marges de manœuvre supplémentaires pour stabiliser le naira.

Les réserves de change du Nigeria ont dépassé les 54 milliards de dollars, un niveau qu'elles n'avaient plus atteint depuis plusieurs mois. La barre symbolique des 50 milliards avait déjà été franchie en début d'année, mais la progression récente surprend par son rythme. Plusieurs facteurs expliquent cette accumulation : la hausse des recettes pétrolières, portée par des cours du brut relativement stables, et surtout l'afflux de devises lié aux réformes de change engagées par la banque centrale. Les investisseurs étrangers reviennent progressivement sur les titres de dette nigérians, attirés par des rendements élevés.
Ce matelas de devises change la donne pour la CBN. Avec plus de 54 milliards de dollars, elle dispose d'une marge de manœuvre accrue pour intervenir sur le marché des changes et lisser les fluctuations du naira. La monnaie nigériane reste sous pression, mais l'écart entre le taux officiel et le marché parallèle s'est réduit ces dernières semaines. Cette embellie ne signifie pas que les tensions sont éteintes : la demande en dollars reste forte, tirée par les importations et les sorties de capitaux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira moins volatil rend les opérations plus prévisibles.
Les réserves de change sont un indicateur clé de la solidité extérieure d'un pays. Elles couvrent les importations, servent à rembourser la dette en devises et rassurent les investisseurs. Le Nigeria reste dépendant des hydrocarbures, qui fournissent l'essentiel de ses recettes en devises. Toute chute des cours du pétrole ou baisse de la production — fréquente dans le delta du Niger — pourrait inverser la tendance rapidement. La CBN le sait et profite de cette période pour reconstituer ses stocks.
La question est de savoir si cette progression est durable. Les réformes du régime de change, la suppression des subventions sur l'essence et la libéralisation partielle du marché ont amélioré la confiance, mais elles pèsent sur les ménages. Le vrai test viendra quand les flux pétroliers ralentiront ou que les taux d'intérêt mondiaux remonteront. D'ici là, le Nigeria engrange, et la CBN respire un peu mieux.
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