Le Naira efface ses gains de trois mois et clôture octobre à 1 346 pour un dollar
Le naira a rendu 42 % des gains engrangés entre juillet et septembre, passant de 1 329,50 à 1 346 nairas pour un dollar fin octobre. Un reflux qui pèse sur les importateurs et les ménages.

Le naira a terminé le mois d'octobre à 1 346 nairas pour un dollar, contre 1 329,50 fin septembre. En un mois, la monnaie nigériane a effacé environ 42 % des gains accumulés entre juillet et septembre, selon les données de clôture publiées par la Banque centrale. Ce repli marque un coup d'arrêt brutal à une embellie que certains opérateurs pensaient installée. Sur le marché parallèle, le billet vert se négocie encore plus cher, creusant l'écart avec le taux officiel. Les cambistes de Lagos et d'Abuja notent une demande soutenue, portée par les importateurs qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements avant la fin de l'année.
La correction d'octobre s'explique par plusieurs facteurs. La baisse des réserves de change, amorcée depuis la mi-septembre, a réduit la capacité de la CBN à défendre la parité. En parallèle, les sorties de capitaux des investisseurs étrangers sur le marché des changes ont repris, fragilisant la devise. Les tensions sur le marché pétrolier, avec des cours du brut en léger recul, ont également pesé sur les entrées de devises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : chaque naira perdu face au dollar renchérit les envois vers le Nigeria et modifie les calculs des familles qui dépendent de ces flux.
Les opérateurs économiques scrutent désormais la réaction de la Banque centrale. Une intervention sur le marché officiel ou un resserrement des règles de change pourrait stabiliser la parité dans les prochaines semaines. Mais les analystes de Lagos restent prudents : la volatilité devrait persister tant que les réserves ne se reconstituent pas durablement. Les entreprises importatrices, elles, intègrent déjà ce nouveau taux dans leurs prix, avec un risque de répercussion sur l'inflation des produits de consommation courante.
Ce recul du naira illustre la fragilité des gains de change dans un contexte de flux de capitaux erratiques. La performance de juillet-septembre, qui avait redonné de l'air aux ménages et aux commerçants, s'efface en partie. Pour les changeurs et les plateformes de transfert, l'enjeu est de suivre au plus près ces mouvements pour ajuster leurs taux. La prochaine décision de politique monétaire de la CBN, attendue en novembre, sera déterminante pour savoir si le naira stabilise ou poursuit sa glissade.
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