Les gouverneurs du Sud-Sud misent sur la sécurité pour relancer l'économie de la région
Les six gouverneurs du Sud-Sud nigérian ont fait de la sécurité et de la restauration environnementale leurs priorités pour attirer les investissements et relancer le développement économique du delta du Niger.

Les gouverneurs des six États du Sud-Sud nigérian — Akwa Ibom, Bayelsa, Cross River, Delta, Edo et Rivers — ont arrêté leurs priorités communes à l'issue d'une réunion tenue à Port Harcourt. En tête de liste : la sécurité. Le delta du Niger traîne une réputation de zone à risque, entre enlèvements, sabotage d'oléoducs et conflits communautaires. Ces dernières années, l'insécurité a freiné les projets industriels et fait fuir des investisseurs pourtant attirés par le potentiel pétrolier et portuaire de la région.
Deuxième chantier : la restauration de l'environnement. Les marées noires à répétition, notamment à Bodo et dans l'Ogoniland, ont détruit des hectares de mangroves et privé des milliers de pêcheurs de leur gagne-pain. Les gouverneurs veulent accélérer les programmes de dépollution et de reboisement, en lien avec les compagnies pétrolières et les agences fédérales. L'enjeu dépasse l'écologie : sans terres cultivables ni eaux poissonneuses, les communautés rurales n'ont d'autre choix que d'émigrer ou de basculer dans des activités illégales.
La région pèse lourd dans les caisses de l'État fédéral. Le pétrole extrait du delta fournit encore l'essentiel des devises du Nigeria, même si la production pétrolière décline depuis dix ans. Attirer des capitaux dans l'agro-industrie, la logistique portuaire ou les énergies renouvelables suppose d'abord de garantir la sécurité des personnes et des biens. Les gouverneurs promettent une coopération renforcée entre les polices des six États, avec des patrouilles conjointes sur les axes fluviaux et routiers.
Reste à savoir si les annonces se traduiront en actes. Le Sud-Sud cumule les promesses non tenues depuis des décennies. Les budgets de sécurité des États sont modestes, et la coordination entre Abuja et les gouvernements locaux reste fragile. Les habitants, eux, attendent des résultats concrets : des routes praticables, des eaux propres, des emplois. Sans cela, la région continuera de perdre ses jeunes vers Lagos ou l'étranger.
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