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Les femmes représentent 70 % du commerce transfrontalier informel nigérian

Le Nigeria Customs Service indique que les femmes dominent les échanges informels aux frontières, avec 22 % des exportations informelles du Bénin destinées au Nigeria. Un pan entier de l'économie régionale reste hors des statistiques officielles.

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Rédaction SendXOF

Publié le 13 septembre 2026

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Les femmes représentent 70 % du commerce transfrontalier informel nigérian

Le Nigeria Customs Service a livré un chiffre qui dérange : 70 % du commerce transfrontalier informel passe entre les mains des femmes. L'information a été rendue publique cette semaine, sans tambour ni trompette. Elle vient d'une administration qui, d'ordinaire, communique sur les saisies de riz ou de carburant, pas sur la sociologie des échanges. Le Bénin, voisin immédiat, exporte 22 % de ses marchandises informelles vers le Nigeria. Ces flux, qui échappent aux douanes et aux statistiques, font vivre des milliers de familles le long de la frontière, de Sèmè-Kraké à Idiroko.

Le commerce informel, c'est-à-dire non déclaré, non taxé, souvent convoyé à moto ou à pied, représente une part considérable des échanges entre le Nigeria et ses voisins francophones. Les femmes y occupent une place centrale : vendeuses de tissus, de vivriers, de cosmétiques, elles traversent les postes-frontières avec des cargaisons fractionnées pour éviter les droits de douane. Ce système fonctionne depuis des décennies, en marge des accords commerciaux officiels. Il alimente les marchés de Lagos, Cotonou, Lomé, sans jamais apparaître dans les balances commerciales. Pour la diaspora ouest-africaine, cette réalité n'est pas abstraite : elle façonne les prix et les circuits d'approvisionnement au quotidien.

Le NCS ne donne pas de montant global, mais l'aveu est notable. Il reconnaît implicitement que les politiques de fermeture des frontières, comme celle de 2019 sous Buhari, ont frappé de plein fouet ces commerçantes. À l'époque, les denrées avaient flambé au Nigeria, et les femmes avaient perdu leur gagne-pain du jour au lendemain. Aujourd'hui, l'administration douanière semble vouloir composer avec cette réalité plutôt que la nier. Reste à savoir si cela se traduira par des mesures concrètes : guichets dédiés, formalités simplifiées, ou simplement un discours de reconnaissance sans effet.

Le vrai enjeu, c'est la formalisation. Taxer ces flux rapporterait des recettes à l'État nigérian, mais ferait grimper les prix pour les consommateurs. Ne rien faire laisse perdurer une économie parallèle où les femmes sont majoritaires mais invisibles. Entre les deux, il existe une troisième voie : des corridors simplifiés pour les petits commerçants, avec des seuils de taxation adaptés. Le Bénin et le Nigeria en parlent depuis longtemps. Les femmes, elles, continuent de traverser la frontière chaque matin.

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