Les États nigérians misent sur les recettes FAAC pour financer leur développement
Les allocations fédérales versées aux États ont augmenté, et plusieurs gouvernements locaux les utilisent pour lancer des projets d'infrastructure. La Banque mondiale réclame plus de transparence sur les résultats.

Les caisses des États nigérians ne se sont jamais aussi bien portées. Grâce à la hausse des recettes pétrolières et à la fin des subventions sur l'essence, les allocations du compte fédéral (FAAC) ont bondi. Certains États reçoivent aujourd'hui le double de ce qu'ils percevaient il y a deux ans. À Lagos, le gouverneur a annoncé un programme de voiries rurales financé directement par ces fonds. À Kano, les autorités ont débloqué une enveloppe pour réhabiliter des centres de santé primaire. Bref, l'argent fédéral redescend et les chantiers démarrent.
Mais cet afflux de liquidités pose une question simple : où va l'argent ? La Banque mondiale et plusieurs bailleurs internationaux ont profité d'un forum à Abuja la semaine dernière pour tirer la sonnette d'alarme. Ils demandent aux États de publier des indicateurs de résultats, pas seulement des annonces de projets. « Sans données vérifiables, on ne peut pas savoir si les routes sont réellement construites ou si les dispensaires fonctionnent », explique un responsable de la Banque mondiale. Les gouverneurs, eux, promettent des rapports trimestriels. Reste à voir s'ils tiendront parole.
Pour les opérateurs économiques, cette manne a un effet direct sur les circuits de paiement. Les entreprises qui travaillent avec les États exigent des garanties sur les délais de règlement. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui permet aux prestataires de sécuriser leurs marges face aux fluctuations du Naira. Car si les allocations fédérales sont versées en nairas, les contrats d'importation de matériaux, eux, se règlent souvent en devises. La gestion du risque de change devient donc un enjeu aussi important que le montant de la subvention.
La prudence reste de mise. Les recettes FAAC dépendent à 70 % du pétrole, dont les cours mondiaux sont volatils. Si les prix du brut chutent, les États pourraient se retrouver avec des budgets en trompe-l'œil. D'où l'insistance des bailleurs sur la qualité de la dépense publique : mieux vaut financer trois projets achevés que dix chantiers abandonnés. Les prochains mois diront si la hausse des allocations se transforme en développement concret ou en nouvelle couche de béton inachevé.
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