Les banques nigérianes s'apprêtent à absorber 5 000 milliards de nairas de liquidités
Les allocations du FAAC et les échéances de titres vont injecter 5 000 milliards de nairas dans le système bancaire, s'ajoutant à un excédent déjà existant de 6 280 milliards. Un afflux qui pourrait peser sur le naira.

Le système bancaire nigérian se prépare à encaisser une vague de liquidités. D'un côté, les allocations du compte de répartition fédérale (FAAC) versées aux États et aux collectivités locales atterrissent sur leurs comptes bancaires. De l'autre, des titres du Trésor arrivent à échéance et libèrent des fonds que les banques pourront réemployer. Selon les estimations, l'ensemble représente environ 5 000 milliards de nairas qui vont affluer dans les coffres des établissements. Une somme considérable, qui vient s'ajouter aux 6 280 milliards de nairas déjà en excédent dans le circuit financier.
Ce surplus de liquidités n'est pas une bonne nouvelle en soi. Quand les banques se retrouvent avec trop de cash et peu de débouchés, elles le placent à la banque centrale via les facilités de dépôt. Résultat : l'argent dort au lieu de financer l'économie réelle. Les entreprises qui cherchent du crédit ne voient pas la différence, et les taux d'intérêt restent élevés malgré l'abondance de fonds. C'est le paradoxe d'un système où l'argent circule mal.
Pour la monnaie, l'enjeu est tout aussi concret. Un excès de nairas en circulation peut alimenter les pressions inflationnistes et fragiliser le taux de change. La banque centrale devra probablement intervenir pour absorber une partie de ce trop-plein, soit en émettant des titres, soit en ajustant ses taux directeurs. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un naira plus volatil rend les opérations de change plus délicates à anticiper.
Les prochaines semaines diront si les banques parviennent à transformer cette liquidité en crédits pour les PME et les particuliers, ou si elle restera bloquée dans les circuits financiers. L'histoire récente du Nigeria montre que les injections massives de nairas se traduisent rarement par un boom du crédit. Elles finissent souvent par alimenter la spéculation sur les devises ou par gonfler les placements à court terme. Le vrai test, c'est de savoir combien de temps cet excédent mettra à se résorber.
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