Le Nigeria produit 12 milliards de litres d'essence en 13 mois, les importations reculent
Les raffineries locales ont fourni 61,2 % des 19,68 milliards de litres d'essence mis sur le marché nigérian en 13 mois, tandis que les importations ont atteint 7,67 milliards de litres, signe d'une dépendance encore réelle.

Les raffineries nigérianes ont mis sur le marché 12,01 milliards de litres d'essence entre janvier 2023 et janvier 2024, selon les chiffres compilés par l'industrie. Cela représente 61,2 % des 19,68 milliards de litres consommés sur la période. Les importations ont couvert le reste, soit 7,67 milliards de litres. La raffinerie Dangote, entrée en service progressivement, a contribué à cette montée en puissance, même si sa production reste en deçà des attentes. Les petits raffineurs locaux, eux, tournent souvent en dessous de leur capacité à cause de problèmes d'approvisionnement en brut.
Ce basculement vers le raffinage local ne signifie pas encore l'autosuffisance. Le pays a toujours importé 7,67 milliards de litres en 13 mois, soit environ 590 millions de litres par mois. Un volume qui pèse sur les réserves de change et expose le marché aux variations du naira. Pour les opérateurs, chaque baril de brut non raffiné localement est une perte de valeur ajoutée. La dépendance aux produits importés reste une réalité, même si sa part recule.
Les experts du secteur pointent la vétusté des raffineries publiques, qui tournent au ralenti. La Warri Refinery et la Kaduna Refinery, récemment remises en service partiel, peinent à atteindre une production stable. La maintenance et la logistique, notamment l'acheminement du brut vers les sites de raffinage, restent des goulets d'étranglement. La Dangote Refinery, avec ses 650 000 barils par jour de capacité théorique, pourrait changer la donne si elle monte en régime. Mais les défis techniques et financiers persistent.
La question du prix reste centrale. Le gouvernement a dérégulé le secteur en 2023, laissant les prix fluctuer selon le marché. Une production locale plus forte pourrait à terme faire baisser les coûts à la pompe, mais les Nigérians n'ont pas encore vu d'effet significatif. Les marges des importateurs et les coûts logistiques continuent de peser. Pour l'instant, le pays avance à mi-chemin entre un raffinage local en progression et des importations encore massives. La trajectoire dépendra de la fiabilité des installations et de la capacité à sécuriser l'approvisionnement en brut.
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