Le patronat nigérian appelle Pékin à investir dans l'énergie et l'agriculture
La NACCIMA a invité les investisseurs chinois à élargir leur présence au Nigeria, en mettant en avant les opportunités dans l'énergie, l'agriculture et d'autres secteurs clés, lors d'un forum d'affaires à Lagos.

Le président de la NACCIMA, Dele Oye, a lancé un appel direct aux entreprises chinoises : venir investir davantage au Nigeria. Lors d'un forum économique à Lagos cette semaine, il a cité l'énergie, l'agriculture et l'industrie manufacturière comme les chantiers les plus prometteurs. Le message est simple : le Nigeria offre un marché de plus de 200 millions d'habitants et des besoins immenses en infrastructures. Les échanges commerciaux entre les deux pays dépassent déjà les 20 milliards de dollars par an, selon les chiffres officiels. Mais la balance penche fortement du côté chinois : Pékin exporte des machines et des biens de consommation, tandis que le Nigeria vend surtout du pétrole brut.
La NACCIMA veut inverser cette logique. L'organisation patronale plaide pour des coentreprises dans la transformation locale, notamment dans l'agroalimentaire et l'assemblage industriel. L'idée : que les capitaux chinois ne se contentent pas de vendre des produits finis, mais participent à la production sur place. Cette approche créerait des emplois et réduirait la dépendance aux importations. Sur le terrain, les obstacles restent nombreux : coûts logistiques élevés, accès au crédit limité et instabilité réglementaire. Les investisseurs chinois déjà présents dans les zones franches de Lekki et Ogun citent souvent ces freins.
Pour les opérateurs économiques de la sous-région, un rapprochement plus poussé entre Lagos et Pékin pourrait redessiner les circuits d'approvisionnement. Les commerçants ouest-africains qui importent des produits chinois via le Nigeria suivent de près l'évolution des négociations. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent d'ailleurs les taux de change en temps réel, ce qui aide ces acteurs à ajuster leurs marges quand les flux commerciaux bougent.
La visite d'une délégation chinoise à Abuja et Lagos la semaine dernière a donné lieu à la signature de plusieurs protocoles d'accord, notamment dans le solaire et la transformation du manioc. Reste à voir si ces annonces se traduiront par des investissements concrets. La NACCIMA promet en tout cas de faciliter l'installation des entreprises chinoises en simplifiant les démarches administratives. Pour le Nigeria, l'enjeu est de taille : attirer des capitaux stables dans une économie qui cherche à diversifier ses sources de devises.
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