Le patron de FirstBank lie diversification économique et agriculture
Olusegun Alebiosu, directeur général du groupe FirstBank, estime que l'agriculture et les exportations sont essentielles pour diversifier l'économie nigériane et sortir le pays de sa dépendance au pétrole.

Olusegun Alebiosu a profité d'une prise de parole publique pour rappeler une évidence que le Nigeria oublie trop souvent : le pétrole ne fera pas vivre 220 millions de personnes indéfiniment. Le patron de FirstBank Group a placé l'agriculture et les exportations au cœur de la stratégie de diversification. Son argument tient en une phrase simple : un pays qui importe ce qu'il mange et exporte presque uniquement du brut reste vulnérable aux chocs de prix. Les chiffres lui donnent raison. Le pétrole représente encore plus de 80 % des recettes d'exportation du Nigeria, alors que l'agriculture fait vivre près de 35 % de la population active. L'écart entre ces deux réalités dit tout du chantier.
Le discours d'Alebiosu intervient dans un contexte où les banques nigérianes cherchent de nouveaux relais de croissance. Le crédit aux agriculteurs reste faible, plombé par les risques climatiques et le manque de garanties foncières. Pourtant, des filières comme le cacao, le sésame ou la noix de cajou génèrent déjà des devises. Le Nigeria a exporté pour 1,2 milliard de dollars de produits agricoles en 2023, un chiffre en hausse mais encore loin du potentiel. Pour les opérateurs, le vrai frein n'est pas le financement mais la logistique : routes dégradées, chaîne du froid inexistante, ports saturés. Chaque tonne de cacao qui quitte le pays coûte plus cher qu'au Ghana voisin.
La question des changes n'est jamais loin. Un Naira faible pénalise les importations d'intrants, mais il rend les exportations agricoles plus compétitives. Les transformateurs locaux, eux, achètent leurs machines en dollars et subissent la volatilité de plein fouet. Dans ce contexte, la stabilité du taux de change devient un enjeu aussi vital pour l'agro-business que pour les importateurs de carburant. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, donnant aux opérateurs une visibilité immédiate sur leurs coûts.
Reste à savoir si les paroles se traduiront en actes. FirstBank a déjà annoncé des lignes de crédit dédiées aux PME agricoles, mais les montants restent modestes face aux besoins. Le véritable test sera la capacité des banques à financer des projets à long terme dans un pays où l'inflation grignote les rendements. Alebiosu le sait : sans infrastructures et sans stabilité monétaire, la diversification restera un slogan de conférence. Le Nigeria a les terres, l'eau et la main-d'œuvre. Il lui manque encore la logistique et la constance politique.
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