Le Nigeria atteint son quota OPEP pour le cinquième mois d'affilée
Le premier producteur africain de pétrole a pompé 1,84 million de barils par jour en moyenne, respectant son quota OPEP pour le cinquième mois consécutif, selon la commission de régulation.
Le Nigeria a produit 1,84 million de barils de pétrole par jour le mois dernier, selon les données publiées par la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission. Le pays respecte ainsi son quota fixé par l'OPEP pour le cinquième mois d'affilée. C'est une régularité que le géant ouest-africain n'avait plus connue depuis longtemps. Pendant des années, la production nigériane a dérapé sous les 1,3 million de barils, plombée par le vol de brut dans le delta du Niger, les sabotages d'oléoducs et le sous-investissement chronique. Tenir ce rythme change la donne budgétaire : à 80 dollars le baril, chaque tranche de 100 000 barils supplémentaires injecte environ 2,4 milliards de dollars par an dans les caisses de l'État.
Cette performance repose surtout sur la remise en service de terminaux et la sécurisation des pipelines dans le sud. Les opérateurs majeurs — Shell, Chevron, TotalEnergies — ont repris des forages suspendus. La raffinerie Dangote, à Lekki, absorbe par ailleurs une part croissante de la production locale pour transformer le brut sur place, ce qui réduit la dépendance aux importations de carburant. Mais le pays reste loin de ses sommets historiques : en 2010, il pompait encore 2,4 millions de barils par jour. Le quota OPEP actuel plafonne la remontée, et Abuja pousse régulièrement pour obtenir une révision à la hausse de son plafond.
Pour les finances publiques, l'enjeu est direct. Le pétrole fournit environ 80 % des recettes en devises du Nigeria. Une production stable au-dessus de 1,8 million de barils donne de l'air à la CBN dans sa gestion du naira, même si le taux de change reste sous pression. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la liquidité en devises disponibles dans le circuit officiel influence directement les taux affichés.
Reste à savoir si la tendance tient. Les infrastructures vieillissantes et les risques de sabotage n'ont pas disparu. Le mois prochain, l'OPEP et ses alliés se réunissent pour examiner les niveaux de production. Si le Nigeria confirme un sixième mois dans les clous, il consolidera sa crédibilité auprès du cartel et pourra négocier une hausse de son quota. À défaut, la volatilité guette un budget déjà sous tension.
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