Le Nigeria rejette les chiffres de la Banque mondiale sur ses recettes
Le gouvernement fédéral conteste les données de la Banque mondiale sur les recettes publiques et balaie les inquiétudes sur la soutenabilité de la dette, alors que les paiements d'intérêts pèsent de plus en plus lourd.

Le gouvernement nigérian ne digère pas les chiffres de la Banque mondiale. Il conteste ouvertement les données publiées par l'institution de Bretton Woods sur les recettes publiques du pays, et rejette du même coup les avertissements sur une dette qui deviendrait insoutenable. Selon Abuja, les ratios avancés par la Banque mondiale ne reflètent pas la réalité des finances publiques nigérianes. Une mise au point qui intervient alors que les paiements d'intérêts grignotent une part croissante des recettes.
Le débat porte sur un point précis : la capacité du Nigeria à honorer sa dette sans étouffer son budget. La Banque mondiale estime que les recettes publiques sont trop faibles pour absorber la charge des intérêts, qui explose sous l'effet de la dépréciation du naira et de la hausse des taux. Le gouvernement, lui, assure que la situation est sous contrôle et que les réformes fiscales commencent à porter leurs fruits. Il cite la suppression des subventions sur le carburant et la fin des taux de change multiples comme preuves de sa volonté d'assainir les comptes.
Sur le terrain, les opérateurs économiques suivent ce bras de fer avec attention. La confiance dans la dette nigériane dépend en grande partie de la crédibilité des chiffres officiels. Si les recettes réelles sont plus faibles que ce qu'annonce Abuja, le pays pourrait avoir plus de mal à refinancer sa dette sur les marchés internationaux. À l'inverse, si les données de la Banque mondiale sont obsolètes ou mal calibrées, le gouvernement a raison de défendre sa position. Pour la diaspora ouest-africaine, cette incertitude sur les finances publiques nigérianes se répercute directement sur le coût des transferts et la volatilité du naira.
La question de fond reste la même : le Nigeria peut-il continuer à emprunter à ce rythme sans mettre en péril sa stabilité macroéconomique ? Le FMI et la Banque mondiale poussent pour plus de transparence et une hausse des recettes non pétrolières. Abuja répond qu'il ne sert à rien de dramatiser et que la croissance du PIB, attendue autour de 3 % cette année, suffira à stabiliser le ratio d'endettement. Les prochains mois diront qui, des institutions internationales ou du gouvernement, a la lecture la plus juste. Une chose est sûre : les marchés, eux, ne se contenteront pas de déclarations rassurantes.
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