Douanes : Nigeria, Bénin et Cameroun accélèrent la modernisation des frontières
Le Nigeria Customs Service, les douanes béninoises et camerounaises ont avancé avec Afreximbank sur un programme de modernisation des frontières pour booster le commerce transfrontalier et la Zlecaf.

Les administrations douanières du Nigeria, du Bénin et du Cameroun ont franchi une étape dans leurs discussions avec la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) sur un programme régional de modernisation des frontières. L'objectif affiché : fluidifier les échanges commerciaux et soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Les trois pays partagent des corridors stratégiques, notamment le long du golfe de Guinée, où les tracasseries et les infrastructures vétustes ralentissent encore trop souvent les camions.
Concrètement, le programme devrait porter sur l'automatisation des procédures douanières, la construction de postes frontaliers juxtaposés et la numérisation des déclarations. Afreximbank, qui finance déjà des projets d'infrastructures commerciales sur le continent, pourrait apporter une ligne de crédit dédiée. Pour les opérateurs économiques de la sous-région, l'enjeu est de taille : les délais de passage aux frontières nigéro-béninoise et nigéro-camerounaise restent parmi les plus longs d'Afrique de l'Ouest et du Centre, ce qui renchérit le coût des marchandises importées.
Cette initiative intervient alors que le Nigeria cherche à diversifier ses échanges et à réduire sa dépendance aux recettes pétrolières. Le pays, premier marché d'Afrique de l'Ouest, commerce déjà intensément avec le Bénin et le Cameroun, mais une grande partie de ces flux passe par des circuits informels. La modernisation des frontières pourrait officialiser ces échanges et augmenter les recettes douanières. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car des frontières plus efficaces réduisent les frais de transaction liés aux envois de marchandises et d'argent.
Reste à transformer les intentions en actes. Les discussions ont avancé, mais aucun calendrier de financement ni de travaux n'a été rendu public. Les douanes nigériennes, béninoises et camerounaises devront harmoniser leurs systèmes informatiques et leurs tarifs, un chantier technique et politique de longue haleine. Afreximbank, de son côté, conditionne généralement ses prêts à des réformes de gouvernance. Le programme, s'il aboutit, pourrait devenir un modèle pour d'autres corridors de la Zlecaf, où les barrières non tarifaires coûtent chaque année des milliards de dollars au commerce intra-africain.
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