Le Nigeria conteste le chiffre de 124 % de recettes consacrées aux intérêts de la dette
Le ministère des Finances nigérian rejette l'idée que les intérêts de la dette fédérale absorbent 124 % des recettes, expliquant que ce calcul inclut des emprunts extérieurs contractés pour le compte des États.

Le ministère nigérian des Finances est monté au créneau dimanche pour contester un chiffre qui circule : les paiements d'intérêts de la dette fédérale représenteraient 124 % des recettes. Dans un communiqué, le ministère explique que ce pourcentage amalgame des réalités distinctes. Le calcul inclut en effet le service de la dette que le gouvernement fédéral assure pour le compte d'autres niveaux de gouvernement, notamment des prêts extérieurs contractés au nom des États. Autrement dit, Abuja rembourse des sommes qui ne relèvent pas strictement de son budget propre, ce qui gonfle artificiellement le ratio présenté comme celui de l'État fédéral.
La polémique tombe dans un contexte budgétaire tendu. Le Nigeria consacre une part croissante de ses recettes au remboursement de sa dette, un sujet qui préoccupe les créanciers et les investisseurs. Le Fonds monétaire international a d'ailleurs alerté à plusieurs reprises sur la vulnérabilité des finances publiques nigérianes. Mais le ministère insiste : la méthode de calcul employée par ses détracteurs fausse le diagnostic. Il ne conteste pas le poids de la dette, mais la façon de le mesurer.
Pour les opérateurs économiques, cette bataille de chiffres n'est pas anodine. Elle influence la perception du risque pays et, par ricochet, le coût des financements. Les États fédérés, eux, se retrouvent au cœur du débat : leurs emprunts extérieurs, garantis par le fédéral, pèsent sur les comptes consolidés sans qu'ils apparaissent clairement dans la présentation officielle. Une clarification sur la répartition exacte de la charge serait utile à tous ceux qui suivent la trajectoire budgétaire du pays.
Le ministère des Finances promet de publier une ventilation plus détaillée des paiements d'intérêts dans les prochains rapports. En attendant, le chiffre de 124 % continue de circuler, alimentant les critiques de l'opposition et des économistes. La question de fond demeure : comment le Nigeria compte-t-il réduire sa dépendance à l'emprunt alors que ses recettes restent fragiles ? La réponse ne se trouve pas dans un ratio contesté, mais dans la capacité du pays à élargir sa base fiscale et à maîtriser ses dépenses.
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