Le Nigeria met 40 blocs pétroliers aux enchères pour séduire les investisseurs
La commission nigériane de régulation du pétrole amont (NUPRC) ouvre 40 blocs pétroliers et gaziers dans le cadre de sa campagne de licences 2026, une opération destinée à relancer l'exploration et les entrées de devises.

La Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC) a lancé mardi sa campagne de licences 2026 en proposant 40 blocs pétroliers et gaziers aux investisseurs internationaux. L'annonce, relayée par Punch, intervient alors que le pays cherche à stimuler l'exploration et à doper ses réserves, en berne depuis une décennie. Le régulateur mise sur un cadre fiscal révisé et des conditions d'accès simplifiées pour attirer des majors, mais aussi des indépendants et des opérateurs locaux. Le Nigeria produit aujourd'hui autour de 1,5 million de barils par jour, loin de sa capacité théorique de 2,2 millions. Les nouveaux blocs, situés pour partie en eaux profondes et dans le bassin de la Benue, doivent permettre de tester de nouvelles zones.
Le calendrier n'est pas anodin. Abuja veut profiter d'un baril qui se maintient au-dessus de 80 dollars et d'un intérêt croissant pour le gaz naturel liquéfié (GNL) africain. La NUPRC promet des cycles d'attribution plus courts et une meilleure transparence après les critiques sur les rounds précédents, jugés opaques et lents. Les autorités espèrent surtout relancer la production pour augmenter les recettes en devises, alors que le Naira reste sous pression. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Nigeria plus attractif pour les capitaux étrangers soutient la monnaie et donc les taux de change proposés aux opérateurs.
Reste à convaincre. Les compagnies internationales se montrent sélectives depuis le retrait partiel de Shell et d'Exxon de certains actifs onshore, cédés à des opérateurs locaux. La sécurité dans le delta du Niger, les contentieux fiscaux et la lenteur des autorisations restent des freins. Le régulateur assure avoir tiré les leçons du passé et promet un guichet unique pour les permis. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais l'effet d'un tel cycle ne se fera sentir sur les changes qu'à moyen terme, une fois les premiers forages engagés.
Les analystes de Lagos restent partagés. Un round réussi enverrait un signal fort aux marchés et pourrait doper les investissements directs étrangers, dont le Nigeria a besoin pour stabiliser sa balance des paiements. Mais les mêmes experts rappellent que les cycles précédents ont souvent accouché de promesses non tenues. La NUPRC joue donc gros : au-delà des 40 blocs, c'est la crédibilité du secteur pétrolier nigérian qui se trouve sur la table.
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