Le Nigeria lance un fonds de 300 millions de dollars pour l'énergie solaire décentralisée
Le Nigeria DRE Fund, doté de 300 millions de dollars, entre en phase commerciale. Porté par la NSIA, Africa50 et SEforALL, il vise à financer des projets solaires hors réseau à travers le pays.

Le Nigeria Distributed Renewable Energy Fund est passé du stade de projet à celui de fonds opérationnel. Doté de 300 millions de dollars, il a été officiellement lancé en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Derrière l'initiative, trois acteurs : la Nigeria Sovereign Investment Authority, le fonds panafricain Africa50 et l'organisation Sustainable Energy for All. Leur objectif est simple : injecter de l'argent frais dans des projets d'énergie renouvelable décentralisée, ces installations solaires autonomes qui alimentent villages, cliniques et petites entreprises là où le réseau électrique ne arrive pas.
Le Nigeria produit environ 4 000 mégawatts pour plus de 200 millions d'habitants. La moitié de la population n'a pas accès au réseau. Les générateurs diesel comblent le vide, mais coûtent cher et polluent. Le solaire décentralisé change la donne : un kit de quelques kilowatts suffit à faire tourner une école ou un centre de santé. Le fonds veut financer ces projets à grande échelle, en attirant des capitaux privés que le seul secteur public ne peut mobiliser. Le modèle : garantir les premiers risques pour rassurer les investisseurs, puis laisser le marché prendre le relais.
Le choix de lancer ce fonds aux Nations unies n'est pas anodin. Il s'agit de montrer que l'Afrique peut attirer des financements climat à condition de structurer des véhicules crédibles. Le Nigeria sert de laboratoire. Si le mécanisme fonctionne, il sera dupliqué au Kenya, au Ghana ou au Sénégal. Les besoins sont immenses : l'Agence internationale de l'énergie estime qu'il faudrait 20 milliards de dollars par an pour electrifier l'Afrique subsaharienne d'ici 2030. Le fonds nigérian ne représente qu'une fraction de cette somme, mais il trace une méthode.
Reste à voir la vitesse de décaissement. Les fonds d'infrastructure en Afrique mettent souvent des années à sortir leurs premiers chèques. La NSIA a promis des premiers financements avant la fin de l'année. Les développeurs de projets solaires, eux, attendent des taux abordables et des garanties de change, deux obstacles récurrents sur le continent. Si le Nigeria DRE Fund tient ses promesses, il pourrait devenir le standard que l'Afrique attend pour financer sa transition énergétique sans dépendre uniquement de l'aide internationale.
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