Le Nigeria garantit un prix plancher à 500 000 agriculteurs
La Nigerian Commodity Exchange, la Bank of Agriculture et l'AFAN lancent un programme de prix minimum garanti pour protéger 500 000 producteurs des fluctuations des cours agricoles.

La Nigerian Commodity Exchange (NCX) a lancé lundi un programme de prix minimum garanti (GMP) avec la Bank of Agriculture et l'All Farmers Association of Nigeria. Objectif affiché : couvrir 500 000 producteurs contre les variations brutales des cours agricoles. Le mécanisme est simple dans son principe. L'État fixe un plancher de prix pour les récoltes éligibles. Si le marché tombe en dessous, la différence est compensée. Si les cours montent, le producteur empoche la totalité de la hausse. C'est la première fois qu'un dispositif de ce type est déployé à cette échelle au Nigeria.
Le pays sort de deux années noires pour ses agriculteurs. L'inflation alimentaire a dépassé 35 % en 2024, selon les chiffres de l'agence nationale de la statistique. Les engrais ont renchéri de 60 % en dix-huit mois, portés par la dévaluation du naira et la fin des subventions sur les carburants. Beaucoup de petits exploitants ont réduit leurs surfaces ou basculé vers des cultures de rente moins risquées. Le GMP vise à inverser cette logique en sécurisant les revenus sur les céréales de base : riz, maïs, sorgho, millet. Ces cultures nourrissent directement le marché intérieur nigérian.
Le dispositif repose sur un fonds de compensation alimenté conjointement par la NCX et la BOA. Les producteurs doivent s'enregistrer auprès de coopératives agréées pour en bénéficier. Le calendrier reste flou : aucune date de démarrage effectif n'a été communiquée. Le financement du fonds n'a pas été détaillé non plus. Ces deux zones d'ombre expliquent la prudence des syndicats agricoles, qui saluent l'initiative mais attendent les premiers versements avant de crier victoire.
Sur le papier, le GMP peut stabiliser les revenus paysans et freiner l'exode rural dans les États du nord, où la pression démographique et l'insécurité compliquent déjà les récoltes. Mais un prix plancher n'agit que si l'État tient ses engagements budgétaires sur la durée. Les précédents programmes agricoles nigérians ont souvent été abandonnés faute de financement pérenne. Le vrai test commencera à la prochaine saison sèche, quand les premiers producteurs viendront réclamer leur compensation.
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