Le FMI pointe les prévisions fiscales trop optimistes des gouvernements
Le FMI identifie trois causes aux recettes fiscales décevantes : des projections trop optimistes, une mise en œuvre faible et des capacités administratives limitées. Un constat qui vaut pour de nombreux pays africains.

Les gouvernements ratent souvent leurs objectifs de recettes fiscales pour trois raisons principales, selon le Fonds monétaire international. D'abord, des prévisions trop optimistes : les ministères des Finances tablent sur une croissance soutenue et une amélioration rapide du civisme fiscal, deux hypothèses rarement vérifiées. Ensuite, une mise en œuvre défaillante des politiques adoptées. Enfin, des capacités administratives limitées, notamment dans les services de collecte. Le FMI a publié ce diagnostic dans une note relayée par Nairametrics, sans citer de pays spécifiques, mais l'expérience nigériane illustre bien ces travers.
Au Nigeria, le gouvernement fédéral a régulièrement revu à la baisse ses projections de recettes pétrolières et non pétrolières. En 2023, l'administration a annoncé un objectif de 19 000 milliards de nairas, avant de constater un écart important avec les encaissements réels. Les raisons ? Des hypothèses de production pétrolière trop élevées, une lutte contre la fraude fiscale moins efficace que prévu et des exonérations massives accordées sans contrôle. Le FMI recommande désormais aux États de renforcer la collecte via la digitalisation et d'élargir l'assiette fiscale plutôt que de multiplier les taux.
Pour les opérateurs économiques, ces erreurs de prévision ont des conséquences concrètes. Un déficit de recettes pousse l'État à emprunter davantage ou à augmenter la pression fiscale sur les entreprises existantes. Les PME, en particulier, subissent des contrôles plus fréquents et des redressements parfois arbitraires. Dans un contexte de change volatil, les entreprises qui importent doivent déjà composer avec un naira affaibli. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui aide les commerçants à anticiper leurs coûts, mais ne les protège pas des décisions fiscales imprévisibles.
Le FMI ne se contente pas de pointer du doigt : il suggère de bâtir des prévisions fiscales plus réalistes en s'appuyant sur des données historiques et des indicateurs avancés. Il plaide aussi pour des réformes administratives ciblées, comme la simplification des procédures et la formation des agents. Sans ces ajustements, les gouvernements continueront de promettre des recettes qu'ils ne pourront pas lever, et les contribuables paieront la différence. La balle est dans le camp des ministères des Finances, qui doivent désormais convaincre leurs partenaires internationaux de la crédibilité de leurs budgets.
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