Le Nigeria encaisse plus de devises de sa diaspora mais paie davantage sur ses investissements étrangers
Les transferts de la diaspora nigériane ont progressé au deuxième trimestre 2026, mais cette amélioration est en partie annulée par la hausse des paiements sur les investissements étrangers, selon les données officielles.

Le Nigeria a enregistré une hausse des entrées de devises provenant de sa diaspora au deuxième trimestre 2026. Les transferts des Nigérians de l'étranger ont rapporté plus de dollars que la même période l'an dernier, selon les chiffres publiés par la Banque centrale. Cette progression confirme le rôle crucial de la diaspora dans l'approvisionnement en devises d'un pays qui en manque chroniquement. Les familles restées au pays comptent sur ces flux pour la scolarité, la santé ou le commerce. Et l'État y voit une source de dollars moins volatile que les investissements de portefeuille.
Mais le tableau est moins rose qu'il n'y paraît. Dans le même temps, le Nigeria a payé davantage sur les investissements étrangers. Les sorties de capitaux liées aux rapatriements de dividendes, aux intérêts de la dette extérieure et aux désinvestissements ont augmenté. Résultat : le solde net des flux financiers avec l'extérieur ne s'améliore pas autant que les entrées brutes le laissent croire. Les entreprises étrangères présentes au Nigeria continuent de convertir leurs bénéfices en dollars, ce qui pèse sur les réserves de change. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la demande de devises reste forte face à une offre limitée.
Cette situation illustre la difficulté du Nigeria à retenir les capitaux. Les taux d'intérêt élevés attirent des investisseurs en quête de rendement rapide, mais ces derniers repartent dès que le vent tourne. Les vrais investissements directs, ceux qui créent des usines et des emplois, restent en retrait. La hausse des transferts de la diaspora est une bonne nouvelle, mais elle ne compense pas la méfiance des investisseurs de long terme. Le pays reste dépendant de flux qu'il ne contrôle pas.
Les autorités monétaires nigérianes doivent composer avec cette équation : attirer des devises sans laisser les sorties les dévorer. La libéralisation partielle du marché des changes a réduit l'écart entre le taux officiel et le taux parallèle, mais elle n'a pas résolu le problème de fond. Tant que la production pétrolière stagne et que l'inflation ronge le pouvoir d'achat, les entrées de la diaspora resteront un ballon d'oxygène. Un ballon qui ne suffit pas à faire décoller l'économie.
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