Le Nigeria courtise les investisseurs pour doper ses exportations de gaz
Abuja cherche partenariats, technologies et capitaux pour élargir son secteur gazier. Un projet de gazoduc vers l'Europe se dessine avec la Libye, pendant que Seplat vise 2 milliards de pieds cubes par jour.

Le gouvernement nigérian a entamé une campagne de séduction auprès des investisseurs étrangers pour muscler son industrie gazière. L'objectif affiché : transformer un pays massivement exportateur de pétrole brut en acteur gazier de premier plan, capable de livrer des marchés aussi éloignés que le Bangladesh. Abuja ne cache plus ses ambitions. Il lui faut des capitaux, de la technologie et des partenaires stratégiques pour exploiter des réserves estimées à plus de 200 000 milliards de pieds cubes, dont une grande partie reste sous terre faute d'infrastructures.
Sur le front diplomatique, le Nigeria et la Libye avancent vers un cadre commun pour un gazoduc transsaharien destiné aux marchés européens. Le projet, discuté depuis des années, prend une nouvelle urgence depuis que l'Europe cherche à réduire sa dépendance au gaz russe. Un tel pipeline traverserait le Niger et l'Algérie avant d'atteindre la Méditerranée, mais les défis sécuritaires dans le Sahel et le financement de plusieurs milliards de dollars restent en suspens. Les opérateurs, eux, ne perdent pas de temps. Seplat Energy, cotée à Londres et Lagos, vise une production gazière pouvant atteindre deux milliards de pieds cubes par jour, un cap qui la placerait parmi les premiers producteurs indépendants du pays.
Le Bangladesh, de son côté, a manifesté son intérêt pour le gaz naturel liquéfié nigérian. Ce signal, venu d'Asie du Sud, montre que le Nigeria veut diversifier ses débouchés au-delà de l'Europe et de l'Afrique de l'Ouest. Pour les opérateurs de change et les plateformes de transfert entre le FCFA et le Naira, ces contrats gaziers comptent : chaque dollar d'exportation supplémentaire renforce les réserves en devises du Nigeria et stabilise à terme le taux de change que suivent de près les commerçants ouest-africains.
Reste à savoir si les promesses se traduiront en béton et en tuyaux. Le Nigeria a longtemps affiché des ambitions gazières sans les concrétiser, faute de volonté politique et d'infrastructures de liquéfaction suffisantes. Les projets annoncés cette semaine devront franchir l'étape du financement, la plus difficile. Les compagnies internationales, échaudées par des années de retard et de conflits contractuels, attendent des garanties. Le gouvernement, lui, joue gros : sans investissements massifs, le pays continuera de brûler son gaz faute de pouvoir le vendre, et laissera passer une fenêtre commerciale que d'autres producteurs, du Qatar aux États-Unis, exploitent déjà.
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