Le Nigeria a consacré 91 % de ses recettes au service de la dette au premier trimestre
Entre janvier et mars, le gouvernement fédéral a déboursé 4 630 milliards de nairas pour rembourser sa dette, tandis que ses recettes totales chutaient de 44 % à 5 080 milliards de nairas.

Le chiffre tombe comme un couperet : sur les 5 080 milliards de nairas de recettes engrangées par le gouvernement fédéral au premier trimestre 2026, 4 630 milliards ont filé directement dans le service de la dette. Soit 91 % des entrées. Autrement dit, pour chaque tranche de 100 nairas qui entre dans les caisses de l'État, 91 ressortent aussitôt pour payer les créanciers. La marge de manœuvre budgétaire se réduit à peau de chagrin, alors que les besoins en infrastructures, en santé et en éducation restent immenses.
La chute des recettes aggrave la donne. Elles ont plongé de 44 % par rapport à la même période de l'année précédente, selon les données officielles. Cette baisse spectaculaire s'explique en partie par la volatilité des cours du pétrole, dont les recettes restent la principale source de devises du pays, mais aussi par une collecte fiscale toujours en deçà des attentes. Résultat : l'État emprunte pour rembourser ses emprunts précédents, un cercle vicieux qui étouffe progressivement les finances publiques.
Pour les ménages et les entreprises, les conséquences se font déjà sentir. Avec un tel niveau de ponction, les dépenses publiques d'investissement risquent d'être sacrifiées, ce qui pèserait sur la croissance et l'emploi. Sur le marché des changes, cette pression budgétaire entretient la défiance vis-à-vis du naira, déjà fragilisé. Les opérateurs surveillent de près la capacité du gouvernement à honorer ses échéances sans recourir à de nouveaux emprunts massifs. Des plateformes de transfert comme SendXOF ajustent leurs taux en continu pour refléter cette réalité monétaire.
La question qui monte à Abuja est simple : combien de temps le pays peut-il tenir ce rythme ? Les autorités misent sur une amélioration de la collecte fiscale et sur la fin des subventions aux carburants pour desserrer l'étau. Mais les premiers effets se font attendre. En attendant, le Nigeria consacre presque tout ce qu'il gagne à payer ses créanciers, et chaque trimestre qui passe rapproche le pays d'un point de rupture budgétaire.
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