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Le FMI anticipe une inflation nigériane à 15,6 % en 2026

Selon un nouveau rapport du FMI, l'inflation annuelle moyenne du Nigeria devrait reculer à 15,6 % en 2026, contre 23 % en 2025. Une décrue qui reste fragile et dépendra des choix monétaires d'Abuja.

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Rédaction SendXOF

Publié le 21 octobre 2026

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Le FMI anticipe une inflation nigériane à 15,6 % en 2026

Le Fonds monétaire international voit enfin une sortie de tunnel pour les prix nigérians. Dans son dernier rapport, l'institution projette une inflation annuelle moyenne de 15,6 % en 2026, contre 23 % en 2025. C'est une baisse de plus de sept points en un an, la première vraie détente depuis le choc de la dévaluation du naira en 2023. Les économistes du FMI tablent sur un reflux des prix alimentaires et un resserrement monétaire qui porterait ses fruits. Mais le chemin reste long : 15,6 %, c'est encore trois fois la cible de la Banque centrale du Nigeria, fixée entre 6 et 9 %.

Sur le terrain, les ménages nigérians ne verront pas la différence tout de suite. L'inflation a beau ralentir, elle continue de rogner le pouvoir d'achat. À Lagos, le sac de riz de 50 kg tourne autour de 90 000 nairas, contre 55 000 il y a deux ans. Les salaires, eux, n'ont pas suivi. La Banque centrale a maintenu son taux directeur à 27,5 % pour contenir la demande, mais cette politique pèse sur le crédit aux entreprises. Le secteur manufacturier, déjà fragilisé par la cherté du dollar, peine à investir. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un naira plus stable rend les envois de fonds plus prévisibles, même si le change reste volatile.

Le rapport du FMI ne cache pas les risques. La volatilité du naira reste la première menace : chaque épisode de dépréciation renchérit les importations et relance l'inflation. Ensuite, les subventions sur l'essence, supprimées en 2023, continuent de faire monter les coûts de transport, qui se répercutent sur les prix des denrées de base. Le FMI appelle Abuja à élargir la base fiscale et à réduire les dépenses non productives. Un conseil que le gouvernement de Bola Tinubu a déjà entendu, mais les réformes traînent. La baisse de l'inflation en 2026 dépendra donc moins des prévisions que de la capacité d'Abuja à tenir ses engagements budgétaires.

Les 15,6 % annoncés pour 2026 sonnent comme un objectif crédible, pas comme une promesse. La Banque centrale devra calibrer ses taux sans étouffer la croissance, alors que le PIB nigérian progresse timidement. Les opérateurs économiques, eux, attendent des signaux clairs sur la stabilité du naira avant de relancer leurs investissements. Une chose est sûre : la décrue de l'inflation ne se décrète pas, elle se construit avec de la discipline monétaire et une politique budgétaire cohérente. Le FMI trace la trajectoire ; reste à savoir si le Nigeria la suivra.

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