Le FMI alerte sur la dette, l'inflation et les tensions géopolitiques
Kristalina Georgieva a prévenu que l'endettement public, la hausse des prix et les conflits menacent la stabilité mondiale, appelant les États à renforcer leurs politiques budgétaires.

Kristalina Georgieva n'a pas mâché ses mots devant l'assemblée plénière des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale. La directrice générale de l'institution a listé trois menaces qui pèsent sur l'économie planétaire : une dette publique qui grimpe, une inflation qui résiste et des tensions géopolitiques qui s'enveniment. Elle a demandé aux gouvernements de muscler leurs politiques budgétaires et de se préparer aux bouleversements liés aux nouvelles technologies. Un discours tenu cette semaine, à Washington, devant les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays membres.
Les chiffres donnent le vertige. La dette mondiale a dépassé les 100 000 milliards de dollars, un record. Les taux d'intérêt élevés depuis 2022 alourdissent la facture pour les pays les plus fragiles, qui consacrent une part croissante de leurs recettes au remboursement. L'inflation, elle, reste collée au-dessus des cibles dans plusieurs économies avancées. Georgieva cite aussi les tensions commerciales entre grandes puissances et les conflits régionaux, qui perturbent les chaînes d'approvisionnement et font flamber les prix de l'énergie et des denrées.
Pour l'Afrique de l'Ouest, ces turbulences ne sont pas théoriques. Le Nigeria, première économie de la zone, a vu sa dette publique bondir ces dernières années. Le Ghana a dû restructurer la sienne. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les monnaies locales restent sous pression face au dollar. Les banques centrales de la région jonglent entre soutien à la croissance et défense de leurs devises.
Georgieva insiste sur un point : les États doivent reconstituer des marges de manœuvre budgétaires avant la prochaine crise, pas pendant. Elle plaide pour des réformes structurelles qui dopent la productivité, seule voie durable pour réduire les dettes sans étrangler les populations. Le message est clair : la fenêtre pour agir se referme. Les prochains mois diront si les gouvernements écoutent.
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