Le fisc nigérian veut plus de femmes dans les décisions fiscales
Le Nigeria Revenue Service appelle à une participation accrue des femmes aux décisions fiscales, en soutien à la croissance et à la formalisation des entreprises qu'elles dirigent.

Le Nigeria Revenue Service (NRS) a lancé un appel clair : les femmes doivent peser davantage dans les décisions fiscales. L'agence fédérale estime que leur participation soutient directement la croissance et la formalisation des entreprises qu'elles dirigent. Le message a été porté lors d'une rencontre avec la SWIT, une structure qui milite pour une meilleure représentation des femmes dans les discussions sur la fiscalité, les politiques publiques et la collecte des recettes. Les intervenants ont mis sur la table plusieurs leviers : la conformité numérique, la fiscalité présomptive, le leadership et le renforcement des capacités.
Sur le terrain, l'enjeu est loin d'être théorique. Au Nigeria, une grande partie des commerces tenus par des femmes opèrent dans l'informel — marchés, couture, transformation alimentaire, petit commerce de détail. Ces activités échappent souvent au filet fiscal, non par volonté de fraude, mais parce que les procédures sont perçues comme complexes, coûteuses ou opaques. La fiscalité présomptive, qui fixe un forfait simplifié pour les petits contribuables, vise justement à les faire entrer dans le système sans les écraser. Encore faut-il que les principales intéressées soient associées aux décisions qui les concernent.
Le virage numérique que pousse le NRS change aussi la donne. Déclarations en ligne, paiements électroniques, identifiants fiscaux dématérialisés : ces outils peuvent réduire les guichets et les intermédiaires, mais ils supposent un accès réel à la connexion et une formation de base. Pour des commerçantes qui gèrent déjà leur activité au quotidien, la question n'est pas seulement de payer l'impôt, mais de comprendre comment, quand et sur quelle base. Les plateformes de transfert d'argent, elles, répercutent déjà ces mouvements de formalisation dans leurs interfaces, à mesure que les flux passent du cash aux canaux numériques.
Reste la question du pouvoir de décision. Inclure les femmes dans les instances fiscales ne se limite pas à un principe d'équité : c'est un calcul économique. Des études menées dans plusieurs pays africains montrent que les entreprises féminines formalisées accèdent plus facilement au crédit, aux marchés publics et aux dispositifs d'appui. Le NRS et la SWIT posent donc un jalon. La suite dépendra de la capacité à traduire ces intentions en mesures concrètes : guichets simplifiés, formations ciblées, représentation effective dans les comités fiscaux. Sans cela, l'appel restera un communiqué de plus.
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