Le carburant local dépasse les importations : 12 milliards de litres produits en 13 mois
Les raffineries nigérianes ont fourni 12,01 milliards de litres d'essence sur 19,68 milliards consommés entre 2024 et 2025, soit 61,2 % du marché. Une première depuis des décennies.

Pour la première fois depuis plus de vingt ans, le Nigeria produit localement plus d'essence qu'il n'en importe. Les chiffres publiés par l'entreprise publique NNPC couvrent treize mois, d'août 2024 à septembre 2025 : les raffineries du pays ont mis sur le marché 12,01 milliards de litres, contre 7,67 milliards de litres importés. La production nationale couvre désormais 61,2 % de la consommation totale, estimée à 19,68 milliards de litres sur la période. Un basculement que peu d'observateurs anticipaient aussi vite, même après la mise en service de la raffinerie Dangote à Lekki.
Le rythme s'est accéléré au fil des mois. La raffinerie de Dangote, qui traite aujourd'hui plus de 500 000 barils par jour, a largement contribué à cette montée en puissance, tout comme les petites unités modulaires du delta du Niger et la raffinerie de Port Harcourt remise en état. Résultat : les cargaisons de carburant à destination de Lagos se raréfient, et les traders européens qui inondaient le marché nigérian ajustent leurs volumes. Les importateurs locaux, eux, voient leurs marges fondre face à une offre domestique abondante et moins chère.
Cette évolution ne règle pas tout. La distribution reste le maillon faible : les pipelines vétustes et l'insécurité dans le delta obligent encore à transporter une partie du carburant par camion, ce qui renchérit le prix à la pompe dans les régions éloignées. Et la pression sur les devises demeure : chaque litre importé en moins, c'est une facture en dollars qui disparaît. Pour les opérateurs de change, l'enjeu est de taille : moins d'importations signifie moins de demande de dollars sur le marché officiel, ce qui pourrait à terme alléger la pression sur le naira. Des plateformes comme SendXOF suivent ces flux de près, car ils influencent directement le taux de change FCFA/Naira.
La question qui reste ouverte est celle de la qualité et de la régularité. Les raffineries locales ont déjà connu des arrêts imprévus, et la maintenance des unités de Port Harcourt a plusieurs fois perturbé l'approvisionnement. Tenir ce rythme sur douze mois consécutifs sera le vrai test. Mais pour l'instant, le Nigeria importe moins de carburant qu'il n'en fabrique, et cela change la donne pour toute la filière pétrolière ouest-africaine.
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