Le Brent passe sous les 100 dollars, porté par l'espoir d'un accord avec l'Iran
Le baril de Brent est tombé sous les 100 dollars lundi, à environ 99,5 dollars, son plus bas depuis le 9 septembre. La reprise des exportations saoudiennes et les signaux diplomatiques entre Washington et Téhéran pèsent sur les cours.

Le Brent a cassé la barre des 100 dollars lundi. Le baril de référence européenne s'échangeait autour de 99,5 dollars en fin de séance, son niveau le plus faible depuis le 9 septembre. Le West Texas Intermediate américain a suivi le même mouvement, passant lui aussi sous les 100 dollars. Deux facteurs expliquent cette glissade : les exportations saoudiennes reprennent du poil de la bête après plusieurs semaines de perturbations, et les marchés parient de plus en plus sur une détente entre Washington et Téhéran. Un retour du brut iranien sur le marché légal, même partiel, changerait la donne sur l'offre mondiale.
Les opérateurs nigérians surveillent ce seuil des 100 dollars comme le lait sur le feu. Le pays tire plus de 80 % de ses recettes budgétaires du pétrole, et chaque dollar perdu sur le Brent se répercute directement dans les caisses de l'État. À 99,5 dollars, les projections de recettes pour le trimestre en cours prennent l'eau. Le gouvernement avait bâti son budget 2024 sur un baril à 77,96 dollars, mais les marges de manœuvre se resserrent quand les cours flirtent avec les 100 dollars à la baisse plutôt qu'à la hausse.
La diplomatie américano-iranienne reste le facteur le plus imprévisible. Téhéran produit aujourd'hui autour de 3 millions de barils par jour, dont une bonne partie s'écoule hors des circuits officiels, notamment vers la Chine. Un assouplissement des sanctions ferait rentrer ces volumes dans le commerce formel et pèserait mécaniquement sur les prix. Les Saoudiens, de leur côté, ont intérêt à maintenir des cours élevés pour financer leurs propres projets de diversification. Cette tension entre offre et géopolitique rend le marché nerveux, et les écarts de prix entre séances le montrent.
Pour le Nigeria, l'équation est connue : un Brent sous les 100 dollars, c'est moins de devises qui entrent, donc plus de pression sur le Naira et sur les réserves de change. La NNPC continue de vendre son brut en dollars, mais les raffineurs locaux, eux, achètent en devises fortes. Chaque mouvement du Brent se transmet aux coûts d'importation de carburant, puis aux prix à la pompe. Les prochaines semaines diront si cette baisse s'installe ou si un incident diplomatique suffit à faire remonter les cours au-dessus des 100 dollars.
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