La liquidité bancaire nigériane chute de 3 860 milliards de nairas après l'OMO de la CBN
La banque centrale du Nigeria a retiré 3 860 milliards de nairas du système bancaire via une opération d'open market, asséchant la liquidité disponible pour les banques commerciales.

La Banque centrale du Nigeria a de nouveau frappé fort. Une opération d'open market, menée en fin de semaine dernière, a retiré 3 860 milliards de nairas du circuit bancaire. Le montant donne le vertige : il équivaut à plus de 2,5 milliards de dollars au taux officiel. En une seule intervention, l'institut d'émission a asséché une part significative des liquidités que les banques utilisaient pour se refinancer au jour le jour. Les taux interbancaires ont immédiatement grimpé, signe que le robinet s'est brutalement fermé.
Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de la CBN pour contenir l'inflation, qui reste au-dessus de 30 % en glissement annuel. En retirant des nairas de la circulation, la banque centrale espère réduire la pression sur les prix et stabiliser le taux de change. Mais le remède a un coût : les banques disposent de moins de cash pour prêter aux entreprises et aux particuliers. Les petites structures, déjà fragiles, risquent de payer la facture les premières. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus rare renchérit mécaniquement les opérations.
Les analystes de Lagos s'attendent à ce que la CBN poursuive ses ponctions dans les semaines à venir. Le comité de politique monétaire doit se réunir en fin de mois, et plusieurs observateurs anticipent un nouveau tour de vis. La question qui agite les salles de marché : jusqu'où la banque centrale peut-elle drainer sans étouffer le crédit ? Le secteur privé, lui, retient son souffle. Les PME qui comptaient sur des lignes de trésorerie pour passer le cap de la rentrée risquent de voir leurs demandes rejetées.
Ce tour de vis monétaire intervient dans un contexte déjà tendu pour l'économie nigériane. La production pétrolière stagne, les recettes fiscales déçoivent et la dette publique absorbe une part croissante du budget. En asséchant la liquidité, la CBN parie que la stabilité des prix reviendra avant que la croissance ne cale. Un pari risqué. Car si les banques ne peuvent plus financer l'économie réelle, le ralentissement pourrait être plus brutal que prévu. Les prochaines semaines diront si ce choix de rigueur porte ses fruits ou s'il étrangle une reprise encore fragile.
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