Lagos vise 1 000 milliards de dollars de PIB grâce au privé
La commissaire au Commerce de Lagos, Folashade Ambrose-Medebem, appelle à des partenariats plus poussés avec le secteur privé pour transformer l'économie de l'État, déjà première puissance économique du Nigeria.

Lagos veut changer d'échelle. Folashade Kaosarat Bada Ambrose-Medebem, commissaire au Commerce, aux Coopératives, au Commerce et à l'Investissement de l'État, a appelé à des partenariats « plus profonds et plus stratégiques » avec le secteur privé pour faire passer le produit intérieur brut de l'État à 1 000 milliards de dollars. La déclaration a été faite lors d'une rencontre avec des opérateurs économiques dans la mégapole nigériane, selon les médias locaux. Lagos pèse déjà environ 260 milliards de dollars de PIB, soit plus du tiers de l'économie nigériane, pour une population estimée à plus de 20 millions d'habitants.
Pour atteindre ce seuil symbolique, l'État mise sur les infrastructures, la logistique et les services financiers. Le port d'Apapa et le futur port de Lekki, le corridor industriel de la zone franche, les câbles sous-marins de données et les projets de transport urbain constituent les piliers de cette stratégie. Ambrose-Medebem insiste sur le fait que l'administration ne peut pas porter seule cette transformation : elle veut attirer les capitaux privés, y compris étrangers, dans l'énergie, l'agro-industrie et la technologie. Le message s'adresse aussi aux investisseurs de la diaspora, qui suivent de près les rendements et la stabilité du cadre réglementaire.
Le contexte est délicat. La dépréciation du naira a renchéri les importations et l'accès aux devises reste un casse-tête pour les entreprises. La croissance du PIB nigérian a été molle ces derniers trimestres, autour de 2 à 3 % par an, loin des besoins d'une population qui augmente vite. Lagos, qui dépend fortement des recettes fiscales et des investissements, subit aussi la concurrence d'autres États comme Ogun et Oyo, qui attirent des usines avec des coûts fonciers plus bas. Pour la diaspora ouest-africaine, ces projets pèsent sur l'emploi et les salaires, donc sur les flux de transferts vers la région.
Atteindre 1 000 milliards de dollars ne se décrète pas. Il faudra des réformes fiscales, une énergie fiable — les coupures de courant coûtent cher aux industriels — et une administration qui traite les permis plus vite. D'autres villes africaines, comme Le Caire ou Johannesburg, ont mis plus de vingt ans à franchir des paliers comparables. Lagos a l'avantage de sa taille et de son dynamisme entrepreneurial. Reste à savoir si les partenariats annoncés se traduiront par des contrats signés et des capitaux effectivement décaissés, ou si la cible restera un slogan de plus.
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