Lagos veut atteindre 1 000 milliards de dollars grâce au privé
La commissaire au Commerce de Lagos, Folashade Ambrose-Medebem, appelle à un partenariat renforcé entre l'État et les entreprises pour faire de la mégapole une économie de 1 000 milliards de dollars.

Lagos affiche une ambition claire : devenir une économie de 1 000 milliards de dollars. Folashade Kaosarat Bada Ambrose-Medebem, commissaire au Commerce, aux Coopératives, au Commerce et à l'Investissement de l'État, a lancé l'appel mardi lors d'une rencontre avec les milieux d'affaires locaux. Son message tient en une phrase : l'État ne peut pas y arriver seul. Lagos pèse déjà autour de 250 milliards de dollars de produit intérieur brut, selon les estimations courantes. Pour quadrupler cette taille, il faudra des capitaux privés, des infrastructures et des réformes qui tiennent dans la durée.
La commissaire insiste sur un point : le partenariat ne doit plus se limiter aux grands groupes. Les petites et moyennes entreprises, qui font tourner les marchés de Lagos, doivent être associées aux décisions. Elle cite les secteurs de la logistique, de l'agroalimentaire et des services numériques comme priorités. Lagos compte plus de 20 millions d'habitants et reste le premier centre financier d'Afrique de l'Ouest. Mais les embouteillages, l'énergie instable et la bureaucratie freinent encore les investisseurs. Le gouvernement promet des guichets uniques pour les autorisations et des incitations fiscales ciblées.
Le contexte économique nigérian rend l'exercice délicat. Le Naira a perdu du terrain face au dollar, l'inflation reste élevée et les taux d'intérêt dépassent 27 %. Dans ce climat, les entreprises hésitent à engager des capitaux à long terme. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et sur les opportunités d'investissement à Lagos. La commissaire mise sur la stabilité des règles pour rassurer. Elle veut aussi attirer les fonds de pension locaux, qui gèrent des milliards de nairas mais investissent peu dans les infrastructures.
Atteindre 1 000 milliards de dollars ne se décrète pas. Lagos devra d'abord régler ses problèmes de transport et d'électricité, qui coûtent chaque année des points de croissance. Le modèle de partenariat public-privé a déjà montré ses limites au Nigeria, entre contrats opaques et projets inachevés. La différence, cette fois, pourrait venir de l'échelle : Lagos n'est plus une ville, c'est un marché de la taille d'un pays. Les entreprises qui s'y installent ne visent pas seulement le Nigeria, mais toute la sous-région.
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