La hausse du pétrole menace les gains désinflationnistes en Afrique
Plus de la moitié des économies africaines suivies affichent une inflation en baisse, mais la remontée des cours du brut risque de renverser cette tendance.

L'Afrique respire un peu mieux sur le front des prix. Selon les dernières données compilées, plus de la moitié des économies du continent suivies par les analystes ont enregistré une inflation en repli le mois dernier. C'est la poursuite d'un mouvement de désinflation qui s'était amorcé timidement en début d'année. Au Nigeria, l'inflation a reculé pour le troisième mois consécutif, passant sous la barre des 30 % en rythme annuel. Au Ghana, au Kenya ou en Éthiopie, la tendance est comparable, portée par des monnaies qui se stabilisent et des prix alimentaires moins volatils. Les banques centrales commencent à entrevoir une possible détente monétaire.
Mais ce tableau encourageant bute sur un obstacle de taille : le pétrole. Depuis plusieurs semaines, les cours du brut remontent. Le Brent a repassé la barre des 80 dollars le baril, soutenu par les tensions au Moyen-Orient et une demande asiatique plus ferme que prévu. Pour les pays importateurs d'énergie — la majorité du continent —, cette hausse se traduit directement par des factures plus lourdes. Les transporteurs, les industriels et les ménages vont sentir la pression sur le carburant, puis sur les prix des denrées transportées.
Le paradoxe est cruel pour les pays producteurs comme le Nigeria, l'Angola ou l'Algérie. La hausse des recettes pétrolières devrait renforcer leurs réserves de change et soutenir leur monnaie. Mais sur le terrain, les raffineries locales tournent au ralenti et ces pays continuent d'importer du carburant raffiné à prix fort. Résultat : la hausse du brut profite aux caisses de l'État sans alléger la facture des consommateurs. Des plateformes de transfert comme SendXOF suivent de près ces écarts de taux, car ils pèsent directement sur le coût des envois de la diaspora.
La désinflation africaine tient donc sur un fil. Si les cours du pétrole restent au-dessus de 80 dollars, les banques centrales devront probablement repousser leurs baisses de taux. Les gouvernements, eux, pourraient être tentés de relancer des subventions sur le carburant, ce qui creuserait les déficits. La détente des prix observée ces derniers mois n'est pas encore une victoire acquise. Elle dépend d'un facteur que l'Afrique ne contrôle pas : la géopolitique du pétrole.
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