Nigeria : la dette publique atteint 166 790 milliards de nairas, proche de 40 % du PIB
La dette publique nigériane a grimpé à 166 790 milliards de nairas au 30 juin 2026, frôlant 40 % du PIB. Les économistes s'interrogent sur la soutenabilité de cet endettement et l'usage des fonds empruntés.

Le chiffre est tombé cette semaine : 166 790 milliards de nairas de dette publique au 30 juin 2026. C'est ce qu'indique le dernier relevé du Debt Management Office. Rapporté au produit intérieur brut, ce stock représente près de 40 %. Il y a cinq ans, le ratio tournait autour de 20 %. La trajectoire monte vite, plus vite que l'économie elle-même. Une bonne partie de cette hausse vient de l'effet de change : les emprunts extérieurs, libellés en dollars ou en euros, pèsent plus lourd en nairas à mesure que la monnaie locale s'affaiblit. Le FMI classe encore le Nigeria dans la catégorie des pays à risque modéré de surendettement, mais la marge se réduit.
Ce qui inquiète les économistes, ce n'est pas tant le niveau que l'usage des fonds. Sur les 166 790 milliards, une part importante finance des déficits courants plutôt que des infrastructures qui génèrent des recettes. Le service de la dette absorbe désormais une fraction croissante des recettes fédérales. À Abuja, certains parlementaires demandent un audit des emprunts contractés depuis 2023. La question n'est pas idéologique : elle porte sur le rendement. Un pont ou une centrale électrique remboursent leur coût. Un déficit de fonctionnement, non. Pour les opérateurs, cette contrainte budgétaire pèse sur la liquidité en devises. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces indicateurs de près, car la soutenabilité de la dette influence directement le taux de change FCFA/Naira.
Le calendrier complique les choses. La production pétrolière stagne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par le gouvernement. Or le pétrole fournit l'essentiel des recettes en devises. Résultat : moins de dollars qui entrent, plus de nairas qui sortent pour rembourser. La CBN a relevé son taux directeur à 27,5 % pour contenir l'inflation, mais ce niveau renchérit le coût des nouveaux emprunts domestiques. Le Trésor se retrouve coincé entre un refinancement cher en monnaie locale et un endettement extérieur vulnérable aux mouvements du dollar.
La prochaine échéance sera scrutée : le budget 2027, que le gouvernement doit présenter en octobre. Les marchés regarderont le déficit prévu et son mode de financement. Si Abuja persiste à emprunter pour consommer, le ratio passera la barre des 40 % avant la fin de l'année. Si l'exécutif choisit de couper dans les dépenses courantes ou d'élargir la base fiscale — moins de 10 % des Nigérians paient l'impôt sur le revenu —, la trajectoire peut s'infléchir. Le Nigeria a les moyens de stabiliser sa dette. Ce qui manque, pour l'instant, c'est la volonté politique de le faire.
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