La Fed remonte ses taux de 25 points face à l'inflation et aux tensions au Proche-Orient
La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi son taux directeur d'un quart de point, sa première hausse depuis mars 2023, alors que l'inflation reste au-dessus de l'objectif de 2 % et que le conflit au Proche-Orient pèse sur l'économie mondiale.

La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi son taux directeur d'un quart de point, à 5,50 %. C'est la première hausse depuis mars 2023, après une longue pause. La décision intervient alors que l'inflation américaine reste collée au-dessus de 3 % en rythme annuel, loin de l'objectif de 2 % que la banque centrale s'est fixé. Les responsables de la Fed ont justifié ce tour de vis par la persistance des pressions sur les prix, notamment dans les services, et par la vigueur du marché de l'emploi.
Mais cette hausse intervient dans un contexte géopolitique lourd. Le conflit entre Israël et le Hamas, qui dure depuis octobre, a fait grimper les prix du pétrole et accru l'incertitude sur les chaînes d'approvisionnement. Les économistes redoutent un choc pétrolier qui alimenterait une inflation déjà tenace. La Fed navigue à vue : elle doit contenir la hausse des prix sans étouffer une croissance qui montre des signes de ralentissement. Le dilemme est d'autant plus délicat que la guerre au Proche-Orient pourrait faire dérailler la désinflation progressive observée depuis un an.
Sur les marchés, la réaction a été immédiate. Le dollar s'est apprécié face à l'euro et au yen, tandis que les rendements des bons du Trésor à dix ans ont grimpé à 4,6 %. Les places boursières ont reculé, Wall Street perdant 0,8 % dans l'heure suivant l'annonce. Pour les pays émergents, cette hausse renchérit le coût de la dette libellée en dollars et pourrait accélérer les sorties de capitaux. En Afrique de l'Ouest, les banques centrales suivent de près ces mouvements : une Fed plus restrictive pèse sur les monnaies locales et sur le financement des importations. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
La question est désormais de savoir si la Fed en restera là. Plusieurs responsables ont laissé entendre qu'une nouvelle hausse n'était pas exclue si l'inflation ne refluait pas. D'autres plaident pour une pause prolongée, craignant qu'un resserrement excessif ne provoque une récession. Les prochaines données sur l'emploi et les prix, attendues début novembre, seront décisives. En attendant, les investisseurs surveillent aussi l'évolution du conflit au Proche-Orient, susceptible de faire basculer l'économie mondiale dans une nouvelle phase d'instabilité.
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