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La Banque centrale nigériane défend un taux de réserves de 75 % sur les dépôts publics

La CBN justifie son exigence de réserves obligatoires de 75 % sur les dépôts publics non-TSA par la nécessité de maîtriser la liquidité et l'inflation, une décision qui pèse sur les banques.

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Rédaction SendXOF

Publié le 25 octobre 2026

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La Banque centrale nigériane défend un taux de réserves de 75 % sur les dépôts publics

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a défendu mardi son taux de réserves obligatoires (CRR) de 75 % appliqué aux dépôts du secteur public non logés au Trésor. L'institution monétaire explique que cette mesure vise à mieux gérer la liquidité bancaire et à contenir les pressions inflationnistes. Le directeur du département de l'engagement des parties prenantes de la CBN a précisé que ce taux élevé empêche les banques de recycler massivement des fonds publics dans le crédit, ce qui pourrait alimenter la hausse des prix. La décision intervient dans un contexte où l'inflation nigériane reste élevée, autour de 30 % sur un an, poussant la CBN à multiplier les mesures restrictives.

Concrètement, les banques commerciales doivent immobiliser 75 % des dépôts publics qu'elles collectent, principalement ceux des agences fédérales et des États, lorsqu'ils ne sont pas versés au Trésor unique. Cette contrainte réduit leur capacité à prêter et renchérit le coût du crédit pour le secteur privé. Les analystes estiment que cette mesure pénalise surtout les banques de taille moyenne, très dépendantes des dépôts institutionnels. Pour les opérateurs économiques, elle signifie un accès plus difficile au financement, alors que les entreprises cherchent déjà à composer avec un naira volatil et des taux d'intérêt élevés.

La CBN assume ce choix : elle préfère freiner la création monétaire que de laisser filer l'inflation. Mais la mesure pose question. En stérilisant une grande partie des dépôts publics, elle prive l'économie de ressources qui pourraient irriguer des secteurs productifs. Certains économistes rappellent que le Nigeria a déjà expérimenté des taux de réserves élevés sans parvenir à juguler durablement la hausse des prix, en partie parce que la liquidité fuit vers le marché parallèle et les actifs refuges. La banque centrale mise sur une approche progressive, mais le chemin reste étroit entre rigueur monétaire et soutien à la croissance.

Pour l'heure, la CBN maintient le cap. Elle compte sur cette mesure pour absorber l'excès de liquidité lié aux dépôts publics et éviter que les banques ne prennent des risques excessifs. Les prochains mois diront si ce taux de 75 % portera ses fruits ou s'il faudra l'assouplir face aux besoins de financement de l'économie. Une chose est sûre : la politique monétaire nigériane reste sous tension, entre impératif anti-inflationniste et impératif de croissance.

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