La CBN défend un taux de réserves de 75 % sur les dépôts publics
La banque centrale nigériane justifie son exigence de 75 % de réserves obligatoires sur les dépôts publics par la nécessité de juguler l'inflation et de maîtriser la liquidité bancaire.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a défendu mardi son taux de réserves obligatoires de 75 % appliqué aux dépôts des administrations publiques. L'institution monétaire explique que cette mesure vise à absorber l'excès de liquidité dans le système bancaire et à contenir la pression inflationniste. Concrètement, les banques commerciales doivent immobiliser trois quarts des fonds déposés par l'État, les ministères et les agences gouvernementales, au lieu de les prêter ou de les investir. Une ponction massive sur les ressources disponibles.
Pour les banques, l'impact est direct. Elles perdent une source de financement bon marché, ce qui renchérit le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers. La CBN assume ce choix : elle préfère freiner la création monétaire que de laisser filer les prix. Le Nigeria fait face à une inflation à deux chiffres depuis des mois, alimentée par la dépréciation du naira et la hausse des prix des carburants. En immobilisant ces réserves, la banque centrale retire des nairas de la circulation, ce qui devrait, à terme, peser à la baisse sur les prix.
Mais la mesure ne fait pas l'unanimité. Des analystes estiment que ce taux élevé pénalise la liquidité du marché interbancaire et pourrait étouffer la reprise du crédit. D'autres y voient une réponse nécessaire face à l'afflux de dépôts publics dans les banques, qui gonfle artificiellement leurs bilans. Pour la diaspora ouest-africaine qui transfère des fonds vers le Nigeria, cette politique monétaire stricte influence indirectement le taux de change : un naira plus stable rend les envois plus prévisibles. Des plateformes comme SendXOF ajustent leurs taux en fonction de ces signaux pour offrir de la visibilité aux expéditeurs.
La CBN maintient le cap. Elle rappelle que le taux de 75 % n'est pas nouveau et qu'il s'applique depuis plusieurs années aux dépôts publics. La différence, c'est que l'institution monétaire en fait aujourd'hui un instrument anti-inflation assumé. Reste à voir si cette rigueur portera ses fruits sans casser le financement de l'économie réelle. Les prochains chiffres de l'inflation, attendus le mois prochain, donneront un premier verdict.
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