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Dangote, Alakija, Elumelu : les milliardaires nigérians misent sur l'éducation

Aliko Dangote, Folorunso Alakija et Tony Elumelu financent des bourses, des universités et des programmes de formation. Leur objectif : combler le déficit de compétences et préparer la relève entrepreneuriale du Nigeria.

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Rédaction SendXOF

Publié le 25 octobre 2026

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Dangote, Alakija, Elumelu : les milliardaires nigérians misent sur l'éducation

Au Nigeria, les grandes fortunes ne se contentent plus de siéger dans les conseils d'administration. Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique, a injecté des millions de dollars dans l'université de technologie de Lagos et dans des programmes de bourses pour les étudiants en ingénierie. Folorunso Alakija, magnat du pétrole, finance depuis des années des bourses pour les jeunes filles issues de milieux modestes. Tony Elumelu, patron de United Bank for Africa, a lancé la Tony Elumelu Foundation, qui a déjà formé plus de 20 000 entrepreneurs à travers le continent. Ces initiatives ne relèvent pas de la charité : elles répondent à un problème concret. Le Nigeria forme chaque année des diplômés que les entreprises peinent à recruter faute de compétences pratiques. En finançant des cursus techniques et des centres de formation, les milliardaires tentent de raccourcir le chemin entre l'école et l'emploi.

Le contexte économique rend ces investissements d'autant plus stratégiques. La chute du naira a renchéri les importations de biens et de services, y compris dans l'éducation. Les familles qui envoyaient leurs enfants étudier à l'étranger se tournent désormais vers les universités locales, encore faut-il qu'elles soient compétitives. Les dons des milliardaires permettent à certaines institutions de recruter des professeurs et d'équiper des laboratoires. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : les fonds envoyés pour payer des frais de scolarité au Nigeria sont désormais convertis à des taux moins favorables, ce qui incite les familles à privilégier les établissements locaux.

Mais l'argent privé ne remplace pas une politique publique. Les sommes engagées par Dangote, Alakija et Elumelu restent concentrées sur quelques établissements d'élite et sur des filières rentables. Les écoles primaires rurales, où se joue pourtant l'essentiel de l'apprentissage de la lecture et du calcul, ne bénéficient que marginalement de cette générosité. Le risque est de creuser un écart entre une minorité surdiplômée et une masse de jeunes sans qualification. Les milliardaires le savent : sans amélioration du système public, leurs bourses ne seront que des îlots dans un océan de besoins.

Reste que ces initiatives changent la donne à long terme. En s'impliquant personnellement dans l'éducation, les grandes fortunes nigérianes envoient un signal aux autres investisseurs : le capital humain devient un actif stratégique. Les entreprises qui peinent à recruter des comptables, des techniciens ou des développeurs voient dans ces programmes une réponse directe. Et pour l'économie nigériane, qui cherche à diversifier ses revenus pétroliers, la formation de compétences locales est une condition sine qua non. Les milliardaires investissent peut-être dans leur propre main-d'œuvre future, mais c'est aussi celle du pays.

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