La CBN absorbe 2 500 milliards de nairas pour éponger la liquidité bancaire
La banque centrale du Nigeria a retiré 2 500 milliards de nairas du système financier via une adjudication d'OMO, signe d'une demande bancaire massive pour ces titres.

La Banque centrale du Nigeria a retiré 2 500 milliards de nairas du circuit bancaire lors de sa dernière adjudication d'Open Market Operations. L'opération, menée mardi, visait à résorber l'excès de liquidité qui circule dans le système. Les banques ont souscrit bien au-delà de l'offre, poussant l'institution monétaire à élargir son filet. En clair : les établissements préfèrent placer leur cash dans des titres rémunérateurs plutôt que de le laisser dormir ou de le prêter à taux faibles. La demande a été telle que la CBN a dû ajuster ses volumes en cours de séance.
Cette absorption massive intervient alors que le pays fait face à une inflation qui reste élevée, autour de 24 % en glissement annuel. La banque centrale veut éviter que trop de nairas en circulation ne viennent alimenter la hausse des prix ou ne se déversent sur le marché des changes. En retirant cet argent, elle assèche temporairement la liquidité disponible. Les taux interbancaires ont grimpé dans la foulée, signe que l'opération mord. Pour les opérateurs, c'est un signal clair : la CBN tient la barre et n'entend pas relâcher la pression monétaire de sitôt.
Le marché parallèle des changes reste sous tension. Le naira s'échange autour de 1 460 pour un dollar dans les bureaux de change, contre un taux officiel qui tourne autour de 1 350. Cet écart de plus de 8 % continue d'alimenter les arbitrages. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : chaque oscillation du naira se répercute directement sur le montant reçu au village ou en ville. Les plateformes de transfert ajustent leurs taux en fonction de ces mouvements, et les familles qui dépendent des envois surveillent désormais ces écarts de près.
Les analystes s'attendent à ce que la CBN poursuive ses opérations d'absorption dans les semaines à venir. La liquidité bancaire reste abondante et les pressions inflationnistes ne faiblissent pas. Tant que le différentiel de taux entre le marché officiel et le marché parallèle persistera, les arbitrages continueront. La question qui monte chez les économistes : combien de temps la banque centrale pourra-t-elle éponger autant de liquidités sans étouffer le crédit aux entreprises ? Pour l'instant, personne ne parie sur un desserrement.
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