GSMA : 76 milliards de dollars en jeu pour les réseaux mobiles africains
L'association mondiale des opérateurs GSM presse les gouvernements africains d'assouplir leur fiscalité pour débloquer 76 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures mobiles du continent.

L'association mondiale des opérateurs mobiles, la GSMA, a lancé un appel clair aux gouvernements africains : sans politiques fiscales et monétaires plus favorables, les 76 milliards de dollars d'investissements prévus dans les réseaux mobiles du continent ne se matérialiseront pas. L'organisation, qui représente plus de 750 opérateurs dans le monde, chiffre là un enjeu qui dépasse largement le seul secteur des télécoms. En Afrique, chaque dollar investi dans une antenne-relais ou une fibre optique conditionne l'accès aux services bancaires, à l'éducation en ligne ou au commerce électronique pour des millions de personnes encore hors couverture.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'aggrave. Les opérateurs africains subissent de plein fouet la hausse des coûts d'équipement, libellés en dollars, alors que leurs revenus sont encaissés en monnaies locales souvent fragiles. Le Naira, le Cedi ghanéen ou le Shilling kenyan ont tous perdu du terrain face au billet vert ces dernières années, renchérissant mécaniquement chaque importation de matériel réseau. À cela s'ajoutent des fiscalités jugées étouffantes : taxes sur les appels, sur les données, sur les terminaux, sur les pylônes. La GSMA estime que dans certains pays, ces prélèvements représentent jusqu'à 40 % du coût total d'exploitation d'un opérateur.
La balle est donc dans le camp des États. L'association plaide pour des exonérations ciblées sur les équipements d'infrastructure, une simplification des procédures d'octroi de licences et une stabilité réglementaire sur le long terme. Elle souligne aussi que les investissements dans la 4G et la 5G ne suivront pas si les opérateurs continuent de voir leurs marges rognées par des taxes à répétition. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car des réseaux mobiles plus performants et moins chers réduisent les frais des services financiers adossés au téléphone.
Reste à savoir si les gouvernements écouteront. Beaucoup cherchent au contraire à élargir leur base fiscale pour remplir des caisses publiques mises à mal par la pandémie et la flambée des prix de l'énergie. Le Nigeria, première économie du continent, a récemment taxé les transactions électroniques, une mesure qui inquiète les opérateurs. La GSMA prévient que sans un changement de cap, les 76 milliards resteront dans les cartons. Et avec eux, l'espoir de connecter les 600 millions d'Africains qui vivent encore sans accès régulier à Internet.
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