MTN Nigeria et le spectre 5G de Mafab : le débat sur la concurrence s'enflamme
Les discussions autour du rachat du spectre 5G de Mafab Communications par MTN Nigeria relancent le débat sur la concentration du marché télécoms et l'investissement dans les infrastructures.

MTN Nigeria discute depuis plusieurs semaines le rachat du spectre 5G de Mafab Communications, l'un des deux opérateurs retenus lors de la vente aux enchères de 2021. Mafab avait décroché une licence pour 273 millions de dollars, mais n'a jamais vraiment déployé son réseau. Aujourd'hui, la compagnie cherche à céder ses fréquences. Pour MTN, déjà leader avec plus de 80 millions d'abonnés, l'opération permettrait d'élargir sa couverture 5G sans attendre une nouvelle attribution de spectre par la NCC, le régulateur nigérian. Le dossier ravive une question simple : combien d'opérateurs le Nigeria peut-il réellement soutenir sur la 5G ?
Le débat ne date pas d'hier. En 2021, la vente de spectre avait déjà été critiquée : Mafab, inconnu du grand public, avait soufflé une licence face à des acteurs établis. Depuis, l'entreprise n'a pas construit l'infrastructure promise. Résultat, une partie du spectre dort. Pour les défenseurs de l'opération, laisser MTN racheter ces fréquences éviterait un gaspillage de ressources rares et accélérerait le déploiement de la 5G dans un pays où la couverture reste concentrée à Lagos, Abuja et Port Harcourt. Les autres opérateurs, Airtel et Glo, y voient au contraire un risque de verrouillage du marché. Plus MTN accumule de spectre, plus ses concurrents auront du mal à suivre, surtout avec des coûts d'infrastructure en hausse.
La question du spectre n'est pas qu'une affaire de gros opérateurs. Elle touche directement le prix payé par l'utilisateur final. Au Nigeria, le coût des données mobiles reste l'un des plus élevés de la sous-région, et les tarifs de la 5G, quand elle est disponible, découragent encore beaucoup de consommateurs. Si la concentration s'accroît, les marges de négociation des abonnés fondent. À l'inverse, un opérateur unique avec un réseau dense peut faire baisser les coûts d'infrastructure par utilisateur et, à terme, proposer des forfaits plus abordables. Tout dépend de la régulation : la NCC devra fixer des conditions claires, par exemple des obligations de couverture ou un plafonnement de la part de spectre détenue par un seul acteur.
Le dossier Mafab intervient dans un contexte où le Nigeria veut accélérer sa transformation numérique. Le gouvernement vise 90 % de couverture haut débit d'ici 2025, un objectif loin d'être atteint. Chaque mégahertz de spectre mal utilisé est une occasion perdue. La décision finale de la NCC sur ce rachat donnera le ton : soit elle privilégie la rapidité de déploiement, soit elle protège la concurrence. Les deux ne sont pas incompatibles, mais l'équilibre sera difficile à trouver. Les opérateurs, les investisseurs et les usagers attendent désormais un signal clair.
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