La baisse du taux directeur nigérian de 26,5 % à 23 % ne suffit pas à relancer l'économie réelle
La Banque centrale du Nigeria a abaissé son taux directeur de 26,5 % à 23 %. Mais les entreprises nigériennes peinent toujours à accéder au crédit, les banques préférant les obligations d'État.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a ramené son taux directeur de 26,5 % à 23 % le 24 septembre. Une décision attendue par les marchés, qui espéraient un assouplissement monétaire après des mois de resserrement. Pourtant, sur le terrain, les PME nigériennes ne voient toujours pas la couleur des crédits moins chers. Les banques commerciales continuent de privilégier les bons du Trésor, dont les rendements restent attractifs malgré la baisse. Résultat : l'argent circule dans les coffres de l'État et des banques, pas dans les ateliers ni les commerces.
Le taux directeur n'est qu'un signal. Pour qu'il se traduise en baisse des taux d'intérêt réels, il faut que les banques acceptent de prêter aux entreprises. Or, elles exigent des garanties que peu de PME peuvent fournir. À Lagos, un fabricant de meubles qui voulait emprunter 5 millions de nairas s'est vu proposer un taux de 35 %, contre 28 % avant la décision de la CBN. La baisse du taux directeur n'a pas changé son quotidien. Les coûts de transaction, les frais de dossier et les garanties exigées restent prohibitifs.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Une partie des fonds envoyés au Nigeria pourrait être captée par les banques pour financer des crédits si celles-ci desserrent les conditions. Mais pour l'instant, les transferts restent une bouée de secours pour les ménages, pas un levier d'investissement productif. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, permettant aux opérateurs de suivre l'évolution du change.
La CBN mise sur une baisse progressive de l'inflation pour justifier son geste. Mais sans réforme structurelle du crédit, la baisse du taux directeur risque de rester lettre morte. Les entreprises nigériennes ont besoin de prêts longs et bon marché, pas d'un signal monétaire. Tant que les banques trouveront plus rentable de financer l'État que de prêter aux PME, l'économie réelle restera à la traîne. Le vrai test sera la prochaine adjudication de bons du Trésor : si les rendements baissent, les banques pourraient se tourner vers les entreprises. Sinon, la baisse du taux directeur n'aura été qu'un coup d'épée dans l'eau.
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