La Bourse de Lagos bloque sous les 250 000 points
L'indice nigérian a chuté à 247 736,24 points lundi, au lendemain d'une courte accalmie. Les investisseurs restent prudents face aux taux obligataires élevés et à l'inflation.

L'indice de la Bourse de Lagos a terminé lundi à 247 736,24 points. La veille, il avait interrompu une série de sept séances consécutives de baisse. Ce rebond n'aura pas tenu. Les volumes restent faibles, les acheteurs se font rares. En cause : les rendements des bons du Trésor, qui frôlent les 20 % sur certaines échéances. Pourquoi risquer son argent sur des actions quand l'État nigérian paie rubis sur l'ongle ? Les gérants de portefeuille ne se posent même plus la question. Ils arbitrent en faveur de la dette souveraine, jugée plus sûre et plus rémunératrice dans un contexte d'inflation à deux chiffres.
Le marché actions souffre aussi de la fuite des capitaux étrangers. Les investisseurs internationaux ont réduit leurs positions depuis la libéralisation du naira en juin 2023. La devise a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar, ce qui érode mécaniquement les rendements en devises fortes. Résultat : les flux entrants se tarissent. Les rares opérations sont le fait d'investisseurs locaux, souvent des institutionnels qui doivent rester investis pour des raisons réglementaires. Les particuliers, eux, boudent. Beaucoup préfèrent placer leur épargne dans l'immobilier ou les dépôts à terme, moins volatils.
Les entreprises cotées ne profitent pas non plus de la conjoncture. Les résultats du premier semestre montrent des marges sous pression, notamment dans la banque et la consommation de base. La dévaluation du naira a renchéri les intrants importés. Les groupes comme Nestlé Nigeria ou Guinness ont vu leurs coûts de production grimper. Certains ont augmenté leurs prix, mais la demande faiblit. Dans ce contexte, les valorisations boursières peinent à convaincre. Le ratio cours/bénéfice moyen du marché tourne autour de 6, un niveau historiquement bas, mais qui ne suffit pas à déclencher un rallye.
Pour débloquer la situation, il faudrait un signal fort de la banque centrale sur les taux d'intérêt. Une baisse des rendements obligataires rendrait les actions à nouveau attractives. Mais avec une inflation à 33 % en glissement annuel, la CBN n'a pas de marge de manœuvre immédiate. Elle maintient son taux directeur à 27,5 %. Les opérateurs surveillent désormais les prochaines adjudications de bons du Trésor, prévues fin novembre. Si les rendements reculent, même légèrement, l'indice pourrait repasser la barre des 250 000 points. Sinon, il restera englué sous ce seuil symbolique, à la merci des arbitrages entre dette et actions.
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