ÉconomieFinance & changeEntreprises

La BII britannique mise 3 milliards de dollars sur les marchés africains à risque

British International Investment prévoit d'injecter 2,25 milliards de livres, soit environ 3 milliards de dollars, dans les économies africaines les plus fragiles d'ici cinq ans, malgré un contexte de taux élevés et de risques politiques.

S

Rédaction SendXOF

Publié le 3 novembre 2026

Partager :
La BII britannique mise 3 milliards de dollars sur les marchés africains à risque

La British International Investment (BII), l'institution financière de développement du gouvernement britannique, a annoncé son intention de déployer environ 2,25 milliards de livres sterling, soit près de 3 milliards de dollars, sur cinq ans dans les marchés africains qu'elle qualifie de plus risqués. L'objectif : soutenir des projets d'infrastructures, des entreprises et des secteurs productifs là où les capitaux privés hésitent à s'aventurer. La BII, anciennement CDC Group, dispose déjà d'un portefeuille de plus de 7 milliards de dollars en Afrique, réparti dans plus de 600 entreprises et fonds. Cette nouvelle enveloppe cible en priorité les pays sortant de conflits ou en transition politique, où le financement du développement reste rare et cher.

Le calendrier n'est pas anodin. Les taux d'intérêt mondiaux restent élevés, ce qui renchérit le coût de la dette pour les États africains et décourage les investisseurs privés. Dans ce contexte, les institutions de financement du développement comme la BII jouent un rôle de premier plan, en acceptant des rendements plus faibles et des horizons plus longs que les fonds commerciaux. Le choix de cibler des marchés à risque signale aussi une volonté de ne pas se limiter aux économies les plus stables du continent, comme l'Afrique du Sud ou le Kenya. La BII veut aller là où l'impact est le plus fort, quitte à prendre des précautions supplémentaires.

Pour les opérateurs économiques locaux, cette annonce pourrait faciliter l'accès au crédit dans des zones où les banques commerciales se montrent frileuses. Les secteurs visés — énergie, agriculture, santé, logistique — sont souvent ceux qui manquent le plus de financements à long terme. La BII ne remplace pas les investisseurs privés, mais elle peut catalyser leur venue en prenant les premières pertes ou en garantissant une partie des risques. C'est la logique du financement mixte, que l'institution britannique pratique depuis plusieurs années avec des résultats variables selon les pays.

Reste à voir comment ces 3 milliards de dollars seront réellement déployés. Les promesses d'investissement dans les marchés frontières se heurtent souvent à la lenteur des procédures, aux problèmes de gouvernance et aux crises imprévues. La BII devra convaincre ses partenaires locaux et les autorités de régulation que ses capitaux peuvent être utilisés à bon escient. Le compte à rebours est lancé, et les premiers projets devraient être annoncés dans les mois qui viennent.

Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux

SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Articles similaires