La Banque mondiale épingle les États nigérians sur leurs priorités de dépenses
Malgré des revenus en hausse, les États nigérians investissent davantage dans les infrastructures de transport que dans l'éducation, la santé et la protection sociale, selon la Banque mondiale.

La Banque mondiale hausse le ton. Dans un rapport publié ce 4 novembre, l'institution critique les gouvernements des États nigérians : leurs recettes augmentent, mais l'argent ne va pas assez vers les services publics essentiels. Éducation, santé, protection sociale : les investissements restent en deçà des besoins, alors que les dépenses en infrastructures de transport, elles, ont bondi. Un déséquilibre que la Banque mondiale juge préoccupant pour le capital humain du pays.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. L'institution note que les États ont profité de la hausse des allocations fédérales et de la réforme des subventions pour engranger davantage de revenus. Mais au lieu de renforcer les écoles et les centres de santé, beaucoup ont privilégié les routes et les ponts. Résultat : les indicateurs sociaux stagnent. Le taux de scolarisation reste faible dans plusieurs États du nord, et les dépenses de santé par habitant demeurent parmi les plus basses d'Afrique de l'Ouest.
Pour les populations, cette priorité donnée aux infrastructures physiques se traduit par un accès limité aux soins et à une éducation de qualité. Les enseignants manquent de matériel, les hôpitaux de médicaments. La Banque mondiale appelle donc les États à rééquilibrer leurs budgets. Elle suggère aussi de renforcer la transparence et la redevabilité dans l'utilisation des fonds publics. Une manière de s'assurer que la croissance des revenus profite réellement aux citoyens.
Cette critique intervient alors que le Nigeria cherche à stimuler sa croissance économique et à réduire la pauvreté. Sans investissements massifs dans le capital humain, les experts estiment que les gains de revenus risquent de ne pas se traduire par une amélioration durable des conditions de vie. Les États sont donc invités à revoir leurs priorités, sous peine de voir les inégalités se creuser davantage.
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