La Banque d'Angleterre gèle ses taux pour la sixième fois, la Fed durcit le ton
La BoE maintient son taux directeur à 5,25 % pour la sixième réunion consécutive. Dans le même temps, la Fed adopte un discours plus restrictif, creusant l'écart de politique monétaire entre Londres et Washington.

La Banque d'Angleterre a choisi jeudi de laisser son taux directeur inchangé à 5,25 %, une sixième pause d'affilée. L'institution britannique reste prudente : l'inflation au Royaume-Uni ralentit, mais elle demeure au-dessus de la cible de 2 %. Les salaires progressent encore trop vite dans les services, un secteur qui pèse lourd dans l'indice des prix. Résultat, pas de baisse en vue avant plusieurs mois. Le comité de politique monétaire préfère attendre des signes plus nets de détente avant de bouger.
À Washington, la tonalité est toute autre. La Réserve fédérale a durci son discours cette semaine, laissant entendre que les taux resteront élevés plus longtemps que prévu. Les chiffres de l'emploi américain ont surpris par leur vigueur, et l'inflation core ne faiblit pas assez vite. Les marchés ont immédiatement ajusté leurs anticipations : moins de baisses de taux cette année, peut-être aucune avant l'automne. Le dollar s'est raffermi face à la livre et à l'euro.
Cet écart de politique monétaire entre Londres et Washington a des conséquences bien concrètes. Le rendement des obligations britanniques à deux ans a grimpé, et la livre sterling a cédé du terrain face au billet vert. Pour les entreprises britanniques qui importent des matières premières libellées en dollars, la facture s'alourdit. Pour les investisseurs, l'arbitrage devient plus complexe : le différentiel de taux attire des capitaux vers les actifs américains, au détriment des marchés européens. Dans ce contexte, les plateformes de change en ligne ajustent leurs spreads en temps réel pour refléter la volatilité des paires de devises.
La question qui domine maintenant : combien de temps la BoE pourra-t-elle rester immobile si la Fed, elle, ne bouge pas non plus ? Les économistes tablent sur une première baisse britannique au troisième trimestre, à condition que l'inflation des services reflue. Mais si les prix de l'énergie repartent à la hausse ou si les salaires ne se calment pas, Londres devra peut-être repousser encore l'échéance. Une chose est sûre : le statu quo prolongé de la BoE n'est pas neutre pour les ménages et les entreprises, qui continuent de payer des crédits au prix fort.
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