L'Inde relance ses achats de brut nigérian dans de nouveaux pourparlers commerciaux
New Delhi et Abuja ont ouvert des négociations pour relancer les achats de pétrole brut nigérian, élargis à la défense, la pharmacie, le numérique et les énergies renouvelables.
L'Inde veut reprendre du brut nigérian. New Delhi et Abuja ont ouvert des discussions commerciales élargies, selon une dépêche publiée ce mardi. Le dossier du pétrole arrive en tête des priorités indiennes. Les raffineurs indiens, qui ont massivement basculé vers le brut russe décoté depuis 2022, cherchent désormais à sécuriser d'autres sources. Le Nigeria, premier producteur africain, y voit une occasion de relancer ses volumes d'exportation, en berne depuis plusieurs années. Les deux pays ont aussi inscrit à l'agenda la défense, les produits pharmaceutiques, les technologies numériques, la fintech, les énergies renouvelables et les industries créatives.
Sur le papier, le Nigeria a de quoi intéresser l'Inde. Le pays a produit environ 1,4 million de barils par jour en 2024, loin de ses 2 millions d'il y a dix ans. Le vol de brut, le sous-investissement et l'insécurité dans le delta du Niger ont rogné la production. Mais les autorités nigériennes poussent pour attirer des acheteurs asiatiques stables. L'Inde, quatrième consommateur mondial de pétrole, importe plus de 80 % de son brut. Un retour vers les barils nigérians réduirait sa dépendance à la Russie, sous pression des sanctions occidentales.
Les volets non pétroliers pèsent aussi lourd dans ces discussions. L'Inde veut vendre des médicaments génériques, des équipements de défense et des services numériques au Nigeria. Abuja, de son côté, cherche des partenaires pour ses infrastructures et sa transition énergétique. Le Nigeria importe déjà massivement des produits pharmaceutiques indiens. Sur le plan monétaire, ces échanges se règlent en dollars, ce qui expose les deux parties aux fluctuations du Naira et de la roupie. Pour les opérateurs ouest-africains, la stabilité de ces flux commerciaux reste un indicateur clé des besoins en devises.
Rien n'est encore signé. Les pourparlers doivent se poursuivre dans les prochains mois. Mais le signal est clair : l'Inde diversifie ses sources d'approvisionnement et le Nigeria cherche à reconquérir des parts de marché perdues. Si les volumes repartent, les recettes en devises du Nigeria augmenteront, ce qui pourrait soulager un Naira sous tension. À l'inverse, un échec des négociations laisserait le brut nigérian chercher d'autres débouchés, dans un marché mondial déjà disputé.
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